Lamentations devant la vitesse (Billet de Pierrot le Chroniqueur)

Comme les curieux ont pu le voir sur Twitter, où je m’exprime parfois, j’ai constaté m’être fait griller la priorité dans le « commentaire désabusé sur Wikimania 2012 » par LittleTony87. Non seulement grillé en terme chronologique, mais aussi sur le fond des choses. Alors je profite de sa gentillesse pour laisser un billet-commentaire chez lui.

Le fait est que chaque tenue de Wikimania donne, à peu de choses près, les mêmes conclusions et entraîne les mêmes commentaires. On peut donc en tirer immédiatement un constat : Wikimedia Foundation n’est pas capable de tenir les objectifs qu’elle annonce (simplification + croissance de la réserve de contributeurs + croissance de la taille de Wikipédia (parce que les autres projets n’ont pas l’air de compter trop, hormis Commons), ou du moins pas complètement. C’est à la fois inquiétant et rassurant. Inquiétant, parce que la réactivité n’est pas là et qu’il n’est jamais bon de faire traîner des choses que l’on peut améliorer (le web va vite, même chez les bénévoles, la communauté wikimédienne est vaste et le personnel de la fondation commence à être important). Rassurant, parce que dans le fond, il n’est vraiment pas sûr que le constat soit exact, et surtout que les déductions qui en sont tirées soient justes, et qu’il est parfois judicieux de se hâter lentement. J’en ai assez parlé dans mon blog, LittleTony87 ici-même et d’autres, et pour ma part, j’ai l’impression de me trouver dans la peau d’une Cassandre 2.0 sur certains points.

Il est une point commun que LittleTony87 n’a pas écrit ici, mais qui semble constant dans la vision de Wikipédia qui nous est proposée (voire imposée) : l’inflation. Inflation qui se nourrit d’elle-même, puisque l’amélioration de l’interface (qui n’est vraiment pas un modèle de complexité) doit permette une venue massive de nouveaux contributeurs devant entraîner une augmentation rapide du nombre de fiches. Ces dernières, puisqu’on désire présenter un visage un minimum sérieux, doivent être améliorables par tous, donc il faut améliorer l’interface… Et on entre dans un cercle qu’on pense vertueux. Seulement voilà, ça ressemble beaucoup à un soufflé au fromage. Et quand un soufflé retombe, le plat est raté. De nombreuses personnes, dont je fais partie, prônent au contraire une amélioration constante des contenus (et non pas du nombre), qui nécessite non pas une pléthore de contributeurs, mais des contributeurs capables de produire un travail complexe, celui de construire un véritable article digne d’une encyclopédie (si l’on parle de Wikipédia, bien entendu). Cela nécessite un travail de fond, basé parfois sur des documents non accessibles par voie du net, avec une construction d’un texte articulé correctement (tout ça sans parler de la neutralité si chère à Wikipédia) : celui d’un rédacteur, qui est tout à fait différent de celui d’utiliser la fonction publipostage d’Excel (fort pratique dans d’autres cadres, je le reconnais). Voilà, le mot est lâché. Poursuivons : le rédacteur est la pierre angulaire de Wikipédia, comme le photographe est quasiment indispensable à Commons (oui, parce que Commons, ce n’est pas que des photos, et incidemment, le problème de l’inflation se pose sérieusement aussi là-bas). Cependant, le mot rédacteur n’est pas, à l’heure actuelle, synonyme avec le mot contributeur : je serais curieux, puisqu’on en parle, de connaître la proportion entre le nombre de rédacteurs et celui de contributeurs…

Imaginons une petite expérience.
Imaginons que pour une durée de temps réduite (une semaine, un mois), il existe un certain nombre de restrictions sur Wikipédia :

  • plus de création de pages, ni de suppression (pas de jaloux).
  • plus d’accès aux pages méta.
  • plus de possibilité d’éditions automatisées ou semi-automatisées.

Cela fait trois conditions simples. Si l’on rajoute une application rigoureuse (et non pas à la provenance ou au statut) de la vérifiabilité et du sourçage, il devient alors virtuellement difficile pour le contributeur qui ne vient là que par désœuvrement de faire autre chose que ce pour quoi il est censé s’être inscrit. Est-ce que l’on atteindra facilement quatre millions de pages ? Sûrement pas. Par contre, un questionnement salutaire sur l’existence de dizaine de milliers d’autres pourrait se poser de manière dépassionnée (ou du moins, plus dépassionnée, le rédacteur revenant au centre de Wikipédia).
Au reste, j’imagine déjà les contre-arguments, qui se termineraient par la conclusion implacable : « tu veux tuer Wikipédia ! ». Je vais d’ores et déjà y répondre (en plus des réponses de bon sens faites par différents contributeurs et blogueurs wikipédiens) : non, Wikimania n’est pas la représentation de la diversité des Wikipédiens. Non, la parole de Jimmy Wales ne vaut pas ordre divin. Non, les chapitres locaux ne sont pas l’expression de la communauté des wikipédiens ou wikimédiens au niveau local. Non, je suis moins démagogique dans mes constats et propositions que le choix qui est fait d’une construction quasiment pyramidale d’une encyclopédie. Non, je ne pense pas, et c’est facilement vérifiable, que toute information se confonde avec de la connaissance, et que toutes les connaissances sont d’importances équivalentes : donc non, tous les contributeurs ne se valent pas, ni les contributions.
C’est en considérant ces aspects que je suis arrivé à proposer ici cette petite expérience. Qui pourrait être tentée, ce qui serait plus raisonnable (et sans doute plus profitable) qu’un blocage pour défendre un argument politique quelconque.

Je reprendrais presque la conclusion de LittleTony87 : « En l’état, il semble que les « penseurs Wikimédiens » considèrent l’hémorragie comme inéluctable, et préfèrent chercher du sang neuf plutôt que de panser la blessure ». Sauf que le réservoir de sang neuf n’est pas inépuisable (pour plein de raisons)… Ce qui a été oublié, semble-t-il.

Articles récents

Le décès annuel de Wikipédia

Comme chaque année après Wikimania, les esprits s’enthousiasment. Esprits des journalistes, tout d’abord, qui se réjouissent de pouvoir annoncer avec fierté la mort prochaine de Wikipédia et la relaient dans maints articles bourrés d’erreurs et de lieux communs. Esprits des Wikipédiens (enfin, d’une partie, de plus en plus), qui clament que tout va bien ou presque, et que de toute façon, on a plein de solutions pour tout résoudre. Bref, l’époque est propice à un billet facile, alors pourquoi pas moi ? Je vais donc m’en donner à cœur joie et vous proposer mon bilan annuel de Wikipédia. Les fossoyeurs et les optimistes indécrottables peuvent remballer leurs pelles ou leurs bouteilles de mousseux : mon billet n’ira, je l’espère, ni dans un sens, ni dans un autre, et tout le monde le trouvera par conséquent extrêmement biaisé et malhonnête.

 

Le mythe de la chute des contributeurs ?

 

C’est l’éternel marronnier Wikipédien : chaque année, on le ressasse, Wikipédia perd des contributeurs et va donc s’éteindre par K.O. Et chacun y va de ses statistiques, de ses chiffres. Les uns clament que « non mais vous déconnez sec là, on a encore X000 contributeurs qui font plus de 5 édits dans le dernier mois, on fait péter l’audimat, alors arrêtez vos conneries ! » ; les autres que la tendance générale stagne/baisse. Et tout le monde se prend les pieds dans le tapis. Comme toujours, pour faire « bien », on prend du chiffre. Le chiffre, ça parle, le chiffre ça ne ment pas ; un peu comme quand on parle du nombre d’articles (on y reviendra). Le nombre, c’est bien. Mais la qualité ?

5 édits dans le mois, c’est à peu près ce qu’il faut au vandale moyen pour faire un mini conflit d’édit. C’est ce qu’il faut au Nième faux-nez d’un Calcineur pour se faire repérer. C’est ce qu’il faut à un troll pour lancer une discussion foireuse. Bref, 5 édits, ça veut tout et rien dire. C’est un peu comme si un magasin calculait son chiffre d’affaires en fonction du nombre de personnes qui regardent sa vitrine au lieu de se fonder sur les achats : ça booste certainement ses statistiques, mais ça ne reflète pas sa vraie santé. Combien de ces « contributeurs actifs » ont fait des modifications constructives ? Combien ont véritablement amélioré un article sans nous servir de la bonne vieille autopromo, du bon vieux POV-pushing ?

Et là, toute personne honnête reconnaîtra qu’on ne peut tirer que des tendances subjectives. Recenser les contributions positives est impossible. Et la qualité de Wikipédia ne peut s’évaluer que par un carottage aléatoire et forcément biaisé. Il en va de même pour les contributeurs. Reste que le nombre ne change pas grand chose. La question de savoir combien de contributeurs jettent, plus ou moins définitivement, l’éponge, serait déjà plus pertinente. Des gens comme Pierrot et moi-même l’ont déjà plus ou moins posée, sans obtenir de réponse bien mesurée. Soit les départs étaient inéluctables (voire même heureux, aux yeux de certains) et témoignent de la décrépitude de WP, soit « tout va bien, personne n’est irremplaçable, alors arrêtez, sales oiseaux de malheur… » Belle façon d’éluder une question pourtant de plus en plus bouillante.

 

Attirer les nouveaux, encore, toujours…

 

Comme toujours, et comme le rappelle Moyg dans son récent billet, une fois qu’on a évoqué le coup du « Wikipédia va mourir faute de contributeurs », on évoque Zorro, le sauveur d’encyclopédie : l’interface WYSIWYG. En d’autres termes : « si Wikipédia va mal, c’est avant tout parce que personne n’ose l’éditer, mais une fois que l’interface sera plus engageante, tout le monde s’y mettra, vous verrez, comme pour les blogs. » Parce que oui, le WYSIWYG, c’est à double tranchant. Souvenez vous de l’ère qui a précédé les blogs : on y trouvait déjà des sites pourris, mais il fallait persévérer pour les créer. Les blogs ont changé cela, certes, mais ils ont aussi ouvert la porte à un génocide orthographique sans précédent sur le web. Le WYSIWYG, ce sera certainement une avalanche de nouveaux contributeurs… mais ce sera aussi une avalanche de vandales qui n’auront même plus à réfléchir une minute avant de comprendre comment on modifie. Le souci étant que, généralement, le quotient intellectuel du vandale est sensiblement moins élevé que celui du rédacteur potentiel. Comprenons par là qu’à mon avis, l’interface actuelle décourage au moins autant de vandales que de bons contributeurs. L’entrée en service d’une interface plus accessible sera certainement intéressante… mais il faut souhaiter que les patrouilleurs n’auront pas tous été dégoutés d’ici là : on aura besoin d’eux.

On peut par ailleurs se demander s’il est si difficile de contribuer à Wikipédia. Je n’ai aucune formation informatique, j’ai toujours été un boulet dans ce domaine, il ne m’a pas pour autant fallu bien longtemps pour y écrire. Les personnes à qui j’ai appris à utiliser Wikipédia ont rapidement assimilé les bases du code, malgré un rapport à l’informatique souvent conflictuel. Si elles ont  laissé tomber, c’est surtout par manque de temps, et, plus gênant pour Wikipédia, de motivation ou d’encouragement. J’ai souvenir d’une de mes « protégées » qui, demandant en page de discussion d’un « gros » article dans son domaine de compétence si des gens pouvaient l’aider à le reprendre, ayant peur de s’y lancer elle-même, s’est vu répondre un sec « n’hésite pas. » Pas d’aide, pas de conseil : « je te laisse les clés et tu te démerdes » ! Mieux aurait valu ne rien répondre, d’autant que si hésitation il n’y avait pas eu, il y a fort à parier que les premiers pas maladroits auraient connu réverts ou commentaires hautains. Le problème est peut-être aussi que le Wikipédien est un peu sauvage, mais qu’y peut-on !

Ah, et puis il y a la petite idée surgie comme une fleur cette nuit, d’un article du Point : proposons aux lecteurs de noter les articles ! (oui, comme le gros truc pas beau qu’on voit en bas des articles en anglais). La tendance Facebookienne est malheureusement ce qui me revient quand on parle de ça, d’autant que dans les faits, on propose déjà aux lecteurs de commenter les articles… en page de discussion. Bizarrement, seuls les trolls en trouvent généralement le chemin (mais ce ne sont pas toujours les seuls !). Mais comme visiblement, ceux qui ne sont pas enthousiastes à l’idée ne l’ont pas comprise ou sont malhonnêtes, on peut s’attendre à un débat d’idées intéressant !

 

Trop de bandeau tue le bandeau et ainsi de suite

 

Si l’on s’en tient au bilan succinct présenté récemment sur le bistro (et mieux vaut s’en tenir si on veut éviter les qualificatifs agréables sur Twitter), un des problèmes mentionnés est le gros nombre de bandeaux sur les articles qui rebuterait le contributeur. Oui, mais non. Cet excès de bandeaux dégoûte très certainement le lecteur, qui se demande fort probablement ce que c’est que « ce site de guignols où on voit des bandeaux partout indiquant que les articles sont pas finis » (un non-Wikipédien m’avait un jour tenu ces propos que je retransmets donc textuellement puisque leurs avis nous intéressent !). Mais si le bandeau n’avait pas été là, l’article aurait-il été plus fini ? Un article non neutre devient-il neutre lorsque le bandeau disparaît ? Un article non sourcé gagne t-il ses sources parce qu’on enlève son bandeau ? Si vous avez répondu oui, votre perception de la vie doit être particulièrement réjouissante. En revanche, ces bandeaux contribuent à l’identité de Wikipédia comme un « work in progress », un projet (même si, visiblement, le terme serait dénigrant pour certains), qui ne sera certainement jamais achevé, mais invite chacun à l’améliorer. Enlever les bandeaux, c’est, finalement, sombrer dans l’autosatisfaction et refuser l’aide du contributeur potentiel, ou du moins, ne pas la lui demander. Ce serait perdre une des grandes qualités de Wikipédia : son esprit critique envers ses articles. Ce serait dommage : Wikipédia n’est pas une source sûre pour tous les domaines, mais c’est une véritable école pour apprendre l’esprit critique et la vérification de ce qu’on lit. Gommer cet aspect serait pour le moins stupide.

Il semblerait également que les critères d’admissibilité gênent également le contributeur débutant. Inutile de le cacher, j’ai moi même connu la terrible « peur de la PàS » lors de la création de mes premiers articles. J’entends même dire que certains contributeurs aujourd’hui éminents ont vu leurs premiers articles supprimés, et y ont survécu ! C’est un fait, parmi les nouveaux potentiels, on trouve un bon nombre de gugusses venus faire la promotion de leur groupe qui a joué à la fête du village de Chimoux la Vallée ; de leur candidat qui va arriver dernier dans la deuxième circonscription de la Lozère aux prochaines législatives et ainsi de suite. C’est certainement ce genre de gugusses que l’on ne découragerait plus en assouplissant ou supprimant les CAA. Wikipédia gagnerait certainement à attirer ce genre de contributeur, il est vrai. Avec tout ça, je n’ai plus qu’à rentrer au club des WikiBoulets !

 

Les 4 millions ! Les 4 millions !

 

À côté de ça, bien entendu, il y a l’ovation pour le passage du cap des 4 millions d’articles de la Wikipédia anglophone. Inutile de s’étendre là dessus, le problème n’est pas nouveau et Argos42 nous avait déjà donné la solution il y a un an pour enfin dépasser WP:en. Il est tout de même triste que le principal indicateur de la santé de Wikipédia soit son nombre d’articles, son nombre de contributeurs, sans que l’on cherche à savoir ce qui se cache derrière ce nombre. Quel livre serait évalué à son nombre de pages ? « 100 pages, c’est une bouse, 500, ça devient un roman de gare sympathique, et si tu dépasses les 2000, tu as fait un travail de grande qualité ! » L’annuaire deviendrait alors le summum de la qualité littéraire. Si un morceau musical s’évaluait à sa longueur, ceci mettrait la misère à Mozart ! Un raisonnement qui semble ahurissant pour tout média devient soudainement tout à fait logique pour Wikipédia. Quant au principe de qualité, c’est l’arme des rabat-joie, des mauvaises langues, des fouteurs de merde qui n’ont rien compris à Wikipédia. Des « fâcheux » , comme « on » le disait encore hier sur Twitter.

C’est pourtant un léger souci sur lequel il pourrait être intelligent de réfléchir l’été prochain. On glorifie la quantité : pourquoi pas. Certains ont prouvé qu’il était tout à fait possible, avec un script, de créer des articles à la pelle sans trop se prendre le chou, en pompant une base de données ou une autre. Soit. D’autres, dans le même temps, consacrent des heures à polir quelques articles, à les travailler, les sourcer, les amener à maturité. Nul n’a, jusqu’à présent, inventé de script pour faire ce travail. Les premiers sont glorifiés lorsque l’on célèbre les 4 millions d’articles de Wikipédia. Les seconds, par contre

 

Et moi dans tout ça ?

 

J’ai aimé Wikipédia. J’y ai consacré des heures. Des jours. J’ai créé des projets, je m’y suis fait des amis, j’ai vanté ses mérites, défendu ses travers, parfois dans des coins plutôt nauséabonds, pendant plus de deux années, l’encyclopédie en ligne a occupé une bonne part de mon temps sur Internet, et avec plaisir. Plaisir que j’avais à partager mes passions, à essayer de fournir un travail propre et fouillé. Un travail dont je reste d’ailleurs fier. Pendant longtemps, mes proches m’ont vu comme « le gars qui est sur Wikipédia ; celui qui sait comment ça marche et à qui on pose les questions. » Aujourd’hui, non seulement je n’en parle plus, non seulement je ne mentionne plus le travail que j’y ai fait, mais surtout, je ne conseillerais à personne de contribuer.

Pourquoi ? Une usure et une lassitude dues au temps, très certainement, mais pas que. J’ai déjà mentionné dans mon précédent billet le désarroi que l’on peut ressentir en tant que rédacteur et une certaine impuissance face au devenir du travail fait. Mais il y a surtout un sentiment plus fort : celui d’un dénigrement total par certains un peu trop bien vus par la « communauté » pour que cela s’ignore. Wikipédia est, on ne peut le nier, une communauté avec ses jeux d’alliances, ses copinages et ses oppositions fortes. Ceux qui nient leur existence en sont souvent les principaux acteurs. Bien sûr, les plus optimistes (ou les plus impliqués), diront, pour se donner bonne conscience, que ça n’impacte pas les articles. Sauf que si, puisque les conflits larvés s’exportent souvent sur les articles (« je t’aime pas, donc je vais conserver un article pourri parce que tu veux le supprimer »/ »Je t’aime pas donc je viens discuter contre toi sur un sujet que je connais pas »), parfois par le biais de faux-nez. Et puis ces conflits ont tôt fait d’en dégouter certains, or, un contributeur de moins, c’est des contributions en moins.

Il est triste qu’à partir du moment où l’on prend un position, certains se sentent le droit, de façon plus ou moins anonyme de lancer des anathèmes et de décider que, finalement, un contributeur n’a jamais rien apporté de bon. Malheureusement, on continue à vouloir bâtir un projet collaboratif avec des gens qui n’ont pas tous compris que la collaborer implique parfois avoir affaire à des avis divergents. En général, quand on part dans cette direction, ça finit mal. Voila un sujet qui pourrait être discuté à Wikimania : pourquoi un contributeur qui a pendant longtemps consacré plusieurs heures quotidiennes à Wikipédia, qui il y a à peine six mois, continuait à acheter des livres avec en arrière pensée les améliorations qui s’en suivraient sur Wikipédia, en arrive à se contenter d’y jeter un oeil désabusé, pour voir « les dernières conneries en date » en espérant follement un changement qui ne viendra sûrement jamais.

Au lieu de ça, on préfère attirer des nouveaux par tous les moyens, comme si, finalement, on reconnaissait que tôt ou tard, les contributeurs doivent partir dépités (ou, comme le dit bien justement la satire Wikipédienne, rester mais ne plus apporter grand chose d’encyclopédique), et, plus grave, que le problème n’a pas de solution. En l’état, il semble que les « penseurs Wikimédiens » considèrent l’hémorragie comme inéluctable, et préfèrent chercher du sang neuf plutôt que de panser la blessure. Soit. Wikipédia n’en mourra pas : il y aura toujours des scripts pour atteindre les dix millions d’articles. Mais ce n’est pas avec ça que Wikipédia passera dans les pages culturelles du Monde


Wikipédia a t-elle encore une place pour les rédacteurs ?

Non, le titre de ce billet n’est pas faussement alarmiste. En fait, si, mais comme tout Wikipédien en prise de recul qui se respecte, je me dois d’avoir le sens du mélodrame. Il faudrait d’ailleurs que je place un message dépressif sur ma page utilisateur, sur fond noir, pour faire genre, mais la flemme. Bref, oui, comme l’auront remarqué certains avec soulagement, mes contributions à Wikipédia depuis début mai se comptent sur les doigts d’une main, et mes ajouts à l’espace encyclopédique depuis avril sont peu nombreux. Manque de motivation, manque d’envie. Alors qu’il y a trois ans, je consacrais le peu de temps d’internet que j’avais alors à Wikipédia, je n’en ai aujourd’hui plus grand chose à faire. Non, pas « rien », sinon, je n’écrirais pas ici. Il faut dire que si l’on en croit certains gros lourds, assez lâches pour ne pas trop se dévoiler mais dont l’identité est assez transparente, mon départ, ainsi que celui d’autre contributeurs jusqu’à présent plus résistants que moi, ferait du bien à Wikipédia. Au risque de sembler prétentieux, je pense avoir apporté quelque chose à WP. Du moins quelques AdQ et BA (ça vaut ce que ça vaut), mis en valeur quelques sujets… J’ai déjà eu l’occasion de le dire, les récompenses les plus gratifiantes sont finalement venues hors de WP : le plaisir de bosser sur un article avec des gens très bien a été pour beaucoup, mais la récompense ultime, ça a été le « merci » que m’ont adressé quelques non-contributeurs m’ayant retrouvé, au détour d’un historique ou par ce blog. Il ne sont pas nombreux, certes, mais de très belles amitiés en sont nées, et, comme sur Wikipédia, je préfère la qualité à la quantité !

Reste que du point de vue du fond, il me semble assez grossier de la part de ce Gravatar de dire que des contributeurs comme Sardur, Remih, Floflo62, Coyote, moi-même et ainsi de suite nuisons à Wikipédia sur le simple fait que nos prises de position gênent. Quand bien même les positions tenues sur des sujets tels que les contestations admins, des discussions sur le BA ou au sujet du CAr seraient vraiment nocives (et, je pense, nulle personne y prenant partie n’est apte à le juger), on ne pourrait pas pour autant effacer d’un trait tous les apports faits, auparavant ou à côté, aux articles. Ce sont quand même eux, le fond de Wikipédia. C’est quand même pour eux que nous sommes, en théorie, sur Wikipédia. Dans les faits, selon moi, quiconque fait passer les querelles de méta avant l’apport encyclopédique dans son jugement sur un contributeur est, par définition, inutile à Wikipédia. Malheureusement, c’est ici monnaie courante. Car plongez vous cinq minutes dans les contributions de la lie de Wikipédia, les Grimlock, les SM, les Addacat… et vous verrez qu’eux aussi ont pas mal contribué dans le main, et apporté beaucoup. On pourra d’ailleurs rire, à postériori, quand on voit les félicitations adressées fut un temps a des gens depuis honnis… Le plus drôle est que, bien souvent, leurs accusateurs en font moins ! Passons, une fois encore, sur ces querelles de clocher, et posons nous donc la vraie question : est-il encore utile ou valorisant d’être rédacteur de Wikipédia ?

 

Rédige et tais toi

Une des remarques qui m’ont particulièrement échaudées lors de mon départ vient de Pic-Sou : « depuis quand les auteurs d’un article doivent-ils être prévenus quand on modifie celui-ci ? » Posée comme ça, la question est orientée. Pour une simple modification, en effet, rien ne l’oblige. Lorsque la modification fait débat, il semble en revanche courtois de prévenir ceux qui ont parfois passé des dizaines d’heures sur un article. Et, pour ceux qui considèrent que la courtoisie n’a rien à faire sur Wikipédia (parti de plus en plus dominant sur les pages communautaires), on peut également parler en terme de « rentabilité » : il est fort probable que quelqu’un qui a beaucoup travaillé sur un article ait des connaissances suffisantes sur son sujet pour apporter un éclaircissement. Mais en fait, non. Le(s) rédacteur(s) principal/principaux, on s’en fout. Les consensus passés, on peut marcher dessus sans discussion. Encore il y a quelques jours, une perle : un contributeur à qui plusieurs personnes signalent des erreurs récurrentes et lui demandent pourquoi il n’a pas demandé d’avis réplique : « Les tâches de maintenance sont déjà assez pénibles, si en plus il faut en parler à tous les projets concernés. » C’est vrai quoi ! On va pas aller demander leur avis à ceux qui bossent sur ces articles depuis des plombes, quelle utilité ?

De même, combien de temps a t-il fallu pour faire bloquer un compte reprenant pour pseudonyme le nom d’un camp de la mort ? Combien de temps pour faire bloquer AnnOnim qui avait, par chance, pour ennemis des gens mal vus sur les RA, ce qui lui a permis de vandaliser à plus soif malgré les S.O.S. répétés ? À chaque fois le même refrain. « Je ne t’aime pas, donc tu peux crever. » En revanche, la première requête demandant à faire bloquer SM ou Meo pour crime de lèse-on-ne-sait-pas-trop-quoi continue à susciter l’affluence. Je ne m’étendrai pas non plus sur ceux qui ont passé des plombes à se demander si se dire « poursuivi par le lobby juif » et accuser « les sioniste et leurs amants » était antisémite : Pierrot a déjà suffisamment parlé de cette navrante histoire qui ne fait pas honneur à Wikipédia.

Remarquez que ce charmant traitement n’use pas que les rédacteurs, loin de là. Les patrouilleurs, qui se mangent les vandalismes et insultes qui vont avec et permettent à Wikipédia de garder une tête décente face aux hordes de débiles tout droit venus des terres du 15-18, s’en mangent aussi pas mal dans la gueule ; avec pour résultat quelques ras-le-bol regrettables, mais justifiés. Dernier exemple en date, la déplorable sortie de Kyro avec son coup de la « dictature en DRP. » Je le pensais franchement au dessus de ça…

 

Revaloriser les apports constructifs à Wikipédia ?

Eh oui, après ce constat triste, on ne peut que se demander quelles solutions apporter. Soyons clairs : de nouveaux contributeurs arrivent sur Wikipédia, comme toujours. Saura-t-elle les garder ? L’éternel débat du « ne mordez pas les anciens » revient… Et encore une fois, on nous expliquera que « tout va très bien, madame la marquise. » Non, personne ne part, ou presque (à mettre à jour, d’ailleurs, Pierrot, si tu t’ennuies…), et de toute façon, nul n’est irremplaçable. Oui, mais. Wikipédia est fondée sur le fait que, quel que soit l’article, finira bien par arriver un contributeur capable de le développer. C’est l’argument qu’utilisent à tour de bras ceux qui créent à la pelle des ébauches sur tout et n’importe quoi. Maintenant, supposons vraiment qu’arrive sur Wikipédia un spécialiste des villes congolaises qui nous désébauche tous ces articles pour les transformer en un truc formidable. Wikipédia aura une chance énorme. S’il part, dégoutté, quelle est la probabilité qu’un nouveau spécialiste du sujet arrive ? Et si lui même part dépité, je ne vous raconte pas : les villes congolaises seront condamnées à avoir une sale tronche sur WP. Personne n’est indispensable, mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer de garder les anciens contributeurs ; au cas où…

Et certains s’en chargent très bien ! Les courageux admins qui gèrent les labels, notamment, font un travail formidable pour mettre en valeur les contributions de fond. Quand on ne trolle pas sur les votes, ce qui, bizarrement, n’est pas toujours le cas… Parfois, les guerres de clan s’invitent jusque là. Espérons que ce soit là anecdotique. Un autre événement, une vraie fête de la contribution de fond, tenait aussi ce rôle : le Wikiconcours. J’en parle au passé, car oui, on a tué le WCC. Expliquons les choses simplement. JPS68 n’aime pas Celette, et réciproquement. Les deux se retrouvent dans le jury du Wikiconcours. En temps normal, deux contributeurs censés auraient rangé les armes. Celette l’a, globalement, fait. Lorsqu’elle fait une bévue dans son rôle de juré, qui signale la faute ? JPS68, et s’ensuit un léger procès. Si la plupart supposent la bonne foi, Deuxtroy, ennemie notoire de Celette, rentre dans le lard. Allons y gaiement. Quelques jours plus tard, le même JPS68 trouve « incroyable » que Celette ose modifier un article en concours en… posant un {{refnec}}. Rien que ça.

Le même, dans un sursaut règlementaire, demande aux gens d’éviter de venir polluer la page du jury, dans un souci de « convenances ». L’hôpital se fout de la charité, mais soit ; considérons que c’est par une prise au sérieux un peu excessive de la fonction de juré… Quand ce n’est pas l’un, c’est l’autre : parce que Celette a le malheur de remplir sa présélection au moment ou Deuxtroy clôture le tout, la même Deuxtroy décide que les votes de son ennemie n’ont pas à être pris en compte et attaque sa manière de contribuer. Heureusement, le reste du jury ne suit pas… Puis, dans la série des provocations inutiles, JPS68 juge utile d’attirer l’attention sur deux RA mettant en scène Celette. Devinez qui donc s’y oppose à elle ? Réponse ici ! On notera au passage qu’il est formidable que ce comportement trollesque parvienne à me faire défendre une contributrice dont je ne partage à peu près aucune des positions sur WP, mais bon, on trouvera quand même le moyen d’accuser de clanisme. Tant qu’à faire également, quand Celette expose (fort maladroitement, mais soit) sa vision de l’expérience du WCC, qui lui tombe dessus rapidement ? JPS68 qui lui rappelle qu’elle a des résultats à rendre. Certes. Mais en 5 Wikiconcours, j’ai souvenir de beaucoup de jurés qui ont rendu leurs résultats à la bourre, voire pas du tout, et à qui on cherchait beaucoup, beaucoup moins de noises. Coïncidence ? Il suffit enfin de voir la dernière section de la page du jury, initiée par Deuxtroy et fort à propos mise en boîte par Jmex, pour voir à quelles bassesses la « chasse à la Celette » s’est exprimée sur ce Wikiconcours. On osera encore me dire qu’il ne s’est rien passé ?

Alors oui, pas mal d’articles en sont sortis grandis, le travail de quelques équipes a été mis en valeur, mais à quel prix ? La joie de contribuer est-elle sortie gagnante ?  Personnellement, c’est le premier WCC que je laisse tomber et je n’ai certainement pas envie de recommencer, mais poussons la réflexion plus loin. Le concours est censé récompenser l’amélioration d’articles, donc à la mettre en valeur. Lorsque JPS68 démonte totalement l’énorme travail de Jean-Jacques Georges sur l’article « communisme », le WCC remplit-il son office ? Ce qui était peut-être l’article à l’importance la plus élevée en concours représentait un défi énorme… Tant de morgue, simplement parce qu’on aime pas le contributeur, c’était de trop. Remarquez, ce n’est pas la première fois que ce genre de situation « humiliante » pour un contributeur vraisemblablement de bonne foi apparaît au cours d’un WCC, et on pourra relever un dénominateur commun. Chacun tirera les conclusions qu’il veut. Mais pour moi, en ce moi de mai 2012, le Wikiconcours a perdu tout ce qui en faisait pourtant un grand moment de la vie wikipédienne. Entre l’aspect de jeu, et l’aspect d’amélioration de l’encyclopédie, un choix a visiblement été fait ; mais pour des raisons pour le moins douteuses.

 

Conclusion

Malgré ce constat sur la situation pathétique des rédacteurs sur Wikipédia, du moins de mon point de vue et ma propre expérience, je ne l’ai pas définitivement quittée… sans quoi je ne perdrais pas mon temps ici. Comme disait l’autre, « I’m just sitting here watching the wheels« , mais ce que je vois n’est pas glorieux, et pas du genre à donner envie de revenir. Reste que quand la situation se sera améliorée pour ceux qui essaient en toute bonne foi de donner à WP, je reviendrai peut-être. En attendant, il est certain qu’il y a des activités plus gratifiantes au vu de l’ambiance ! Point d’inquiétude donc (ni de réjouissances) si je m’absente quelques temps de ces lignes ; je reste dans le coin. Et l’ami Pierrot semble avoir repris du poil de la bête ce qui devrait nous permettre à tous de continuer à nous mettre au courant des gros trollages velus. C’est déjà ça de pris ! Wikipédia, finalement, c’est comme la télé : on dit qu’on aimerait un programme de qualité, mais la merde, ça distrait !


Démocratie wikipédienne : leçon en quatre étapes

  1. On vote.
  2. Le résultat plait pas.
  3. On revote.
  4. Répéter jusqu’à ce que le résultat plaise. Vous pouvez si ça vous amuse proposer d’annuler les votes qui ne plaisent pas.

Et le plus drôle,  c’est qu’il y aura toujours des rigolos pour dire que c’est ça la vraie démocratie. J’ai comme un doute. Puisque l’expression a récemment été approuvée par RA, je crois sans grande hésitation pouvoir parler de foutage de gueule.

Démocratie wikipédienne : leçon en quatre étapes dans Râlages obligés d'un Wikipédien assidu tintin-vote-soviets


CAr time is there again

« Allons enfants du Wiki-ieuh le jour de gloire est arrivé ! » C’est presque ce qu’on pourrait entendre ce matin si Wikipédia n’était pas un média écrit avant tout. Car la Révolution est arrivée. Les putschistes, pour reprendre l’expression consacrée, ont vaincu. Comme en attestent deux chroniqueurs, le Comité d’Arbitrage n’est plus. Il a cessé de vivre. Il a expiré et est retourné vers son créateur. Oh, bien entendu, ami lecteur bien intentionné, tu n’en as rien à foutre du CAr et, à vrai dire, tu ne savais même pas qu’il existait encore. Je vais donc te faire un bref et nécessaire rappel de la situation : on n’en a pas assez parlé. Le CAr, merveilleuse invention qui résout les conflits (ou les envenime, c’est selon le point de vue, les relations des différentes parties avec les arbitres, l’humeur de ceux-ci, et l’alignement de Mars avec Saturne), devait être renouvelé en cette fin du mois de mars. Tout bon CAr qui se respecte a, dans l’idéal, dix membres donc 5 traitent ensemble un arbitrage.Toujours dans la théorie, chaque camp arbitré peut demander le remplacement d’un arbitre qu’il aime pas. On supposera donc qu’il faut, pour fonctionner dans les meilleures conditions, 7 arbitres, et 5 pour fonctionner tout court, puisqu’à moins, il est difficile de réunir cinq arbitres. Jusque là, vous suivez.

Le truc rigolo, c’est qu’à cette élection ne s’étaient présenté que 7 candidats, dont un à la triste réputation (et qui, avec un beau 4,4% de votes positifs, a vraiment fait très fort dans les annales de la profondeur CAresque), et un « bleu » peu rôdé aux choses de Wikipédia, qui n’avait que peu de chances d’être élu. Sur les cinq candidats restants, quatre se proposaient à leur réélection. On le comprend donc, il en allait là de la survie du CAr, puisque parmi les cinq candidats vraiment éligibles, il suffisait qu’un d’eux n’ait pas son quotas pour que soit ici signée la fin du comité pour les six mois à venir. Ce qui devait arriver arriva : Rehtse et gede n’ont pas obtenu les suffrages nécessaires. Le CAr est donc mort pour six mois.

Bien sûr, au milieu des cris de joie de ceux qui dénonçaient ses jugements iniques et abus de pouvoir (ce n’est pas moi qui les contredirai), il y a eu dès cette nuit des sons dissonnants. Udufruduhu, que j’estime par ailleurs, s’inquiète ainsi des offensives trollesques qui naîtront sans le CAr. Je ne peux que lui faire la même réponse que Remih. Le CAr n’était pas là pour empêcher les débordements ; c’était au mieux une rustine qui, pendant quelques temps, empêchait le conflit en mettant une des parties sur la touche. Lorsque celle-ci revenait en jeu, le conflit reprenait de plus belle jusqu’au carton rouge. Et ça, c’est quand le CAr ne devenait pas lui-même motif du conflit. Je pense, sans trop m’avancer, que Wikipédia ne vivra pas plus mal durant ces six mois. Et si c’est le cas, le CAr n’en reviendra que plus fort.

On peut en revanche s’inquiéter de cette « crise des vocations ». Sept candidats en mars, c’est huit de moins qu’en septembre. Une chute dramatique qui se ressent aussi côté votants. Gede, qui, sur ce blog il y a six mois, expliquait que le CAr avait un soutien fort de la communauté et se félicitait de sa réélection, jouée à 1% près, peut difficilement tirer le même constat aujourd’hui. Alors on trouve des excuses. « Les anti-CAr ont magouillé en votant au dernier moment ! » Et ? Rien ne l’interdit. « Si on avait su que le CAr était en danger, plus de gens auraient voté ! » S’ils étaient intéressés par le CAr, ils auraient voté ; à moins que ce « plus de gens » n’ait dû être constitué de faux-nez et autres morts vivants, autre pratique courante dans ce genre d’élection. « On devrait, la prochaine fois, baisser le seuil de 66% à 50%« . Et interdire les votes contre, aussi. Ah, merde, déjà proposé. Il est dommage que, dans la défaite, certains aient du mal à se remettre en question ; mais le manque de remise en question est, il faut dire, ce qui a envoyé à la casse le CAr.

Que ces six mois prouvent donc qu’il est possible de vivre sans cet attirail judiciaire sur Wikipédia, ou du moins qu’il est possible de résoudre les conflits de façon moins trollogène. Tel est mon espoir. Et de toute façon, le CAr, dit-on chaque fois que quelqu’un fait un billet, « tout le monde s’en fout ». Donc sa disparition est-elle si grave ?


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