Archive pour avril, 2010

Iceberg droit devant !

23 h 40. La nuit se poursuit calmement. Soudain, Frederick Fleet,à la vigie, aperçoit une masse sombre. Quelques secondes à l’observer : c’est bien un iceberg. Trois coups de cloche pour signaler l’obstacle venant droit devant. Fleet téléphone également à la passerelle. C’est Moody qui répond:

« - Qu’y a t-il ?

- Iceberg, droit devant !

- Merci. »

Moody n’a pas le temps d’en dire plus : Murdoch, de veille sur la passerelle, a déjà vu l’obstacle et donne les ordres fatidiques : « barre à tribord toute ! En arrière toute ! ». Malheureusement, ce faisant, il empêche le navire de tourner à sa pleine vitesse. L’iceberg semble être frôlé, mais il presse certains rivets, qui font pied de biche. les brèches sont minimes, mais touchent cinq compartiments. Un de trop. Dès lors, le Titanic est condamné. Pourtant, personne ne saisit l’ampleur du choc. Le navire semble avoir évité l’obstacle. Le commandant Smith est réveillé par l’arrêt des machines et arrive immédiatement sur la passerelle. Murdoch a entre temps fermé les cloisons étanches. Smith fait convoquer Thomas Andrews, concepteur du navire, et tous deux évaluent les dégâts. Lorsqu’ils remontent des profondeurs du navire, Andrews est abattu. Il sait que le Titanic n’a plus qu’une heure à vivre ; une heure et demie au plus. Smith donne l’ordre de réveiller les passagers et d’affaler les canots.

Le dernier dimanche

Après la parenthèse de cette nuit, retournons à bord de notre cher paquebot.

Le dimanche 14 avril est une belle journée. Certains passagers peuvent s’étonner du fait qu’aucun exercice de sauvetage n’ait encore été fait, mais ce ne sera pas pour aujourd’hui. En effet, le commandant préside dans la matinée un office anglican pour les passagers de première classe, dans la salle à manger, tandis que l’assistant du commissaire de bord se charge des deuxième classe. En troisième, le père Thomas Byles, prêtre catholique, fait un sermon.

Le temps est beau, mais se refroidit. A la fin de l’après midi, la température passe sous les 0°C. De plus, des avertissements parviennent à la station radio : ils sont de plus en plus nombreux, et les opérateurs ne les transmettent pas tous. Paradoxalement, un des rares messages à ne pas parvenir aux officier, envoyé par le Mesaba, signale un iceberg qui est probablement celui heurté par le Titanic. Mais sur la passerelle, on est confiant. La présence de glaces est anormale, mais la route du Titanic a été modifiée en conséquence, et aucun problème ne devrait survenir. Le temps est clair, sans vent : si un obstacle se présentait, il serait facilement vu. Le navire peut donc se maintenir à une vitesse de 21 noeuds, qui semble alors raisonnable. Avant de quitter la passerelle, le commandant Smith demande à ce que, si le temps se couvrait, la vitesse soit réduite, et qu’il soit prévenu.

Smith est ensuite invité à un dîner en son honneur à l’initiative de George Widener, première fortune de Philadelphie. Le deuxième officier, Lightoller, est de quart. Il demande aux veilleurs d’être particulièrement vigilants en guettant les glaces.  Le temps est clair, mais la nuit est sans lune, et aucun reflet n’est visible. Sans vent, il n’y pas non plus de vaguelettes à la base des icebergs. Pour couronner le tout, l’iceberg que le Titanic va heurter vient de se retourner, et de l’eau ruisselle à sa surface, le rendant encore moins visible. Et les veilleurs n’ont pas de jumelles, bien que la pratique soit courante sur les navires de la compagnie, les jumelles étant réputées réduire le champ de vision.

A 22 heures, Lightoller est relevé par le premier officier Murdoch. A la vigie, Fleet et Lee prennent la relève. A la barre, le quartier-maître Robert Hitchens prend le contrôle du navire.

23 h 30 : Jack Phillips est surchargé de travail et envoie nombre de messages à la station de Cape Race,à Terre-Neuve, qui vient d’entrer dans son rayon d’action. Un signal l’interrompt. Il vient du cargo mixte Californian. « Dites donc, mon vieux, on est entouré par des glaces et… » – « Taisez vous », répond Phillips, « je communique avec Cape Race ». Dépité, l’opérateur du Californian éteint sa radio et se couche. Son navire n’est qu’à dix miles du Titanic, qui fonce droit dans une champ de glaces. Dix minutes plus tard, le paquebot rencontrera un iceberg.

La suite, ce soir, vers 23 heures 40.

Et pour les membres du forum Titanic, n’oubliez pas le chat anniversaire !

Un peu de hors sujet, ça vous dit ?

Ayant été, aujourd’hui (ou plutôt hier, vu l’heure) accusé de quelques torts, il me semble nécessaire de remettre les pendules à l’heure. Je ne reviendrais pas sur les propos de certains fâcheux qui m’ont qualifié de « gamin prétentieux qui n’a jamais rien fait de sa vie » et de « maniaque d’un seul sujet », le Titanic, « la seule chose que je connais en histoire », dans la mesure où j’aurais très probablement l’occasion de m’en défendre, ici ou ailleurs, en temps venu.

L’une des rares personnes qui n’ait, au cours de cette discussion, pas succombé à la tentation de la facilité de l’attaque gratuite, et je l’en remercie chaleureusement, m’a soumis quelques idées, à mon avis fausses, sur lesquelles je voudrais revenir. Elles concernent justement « la seule chose que je connais[se]en histoire », et il s’agit de pures interprétations de ma part, au sujet desquelles tout le monde ne sera pas forcément d’accord. J’invite par ailleurs les personnes qui connaissent un peu le sujet à me faire part de leurs impressions, en particulier si elles diffèrent de celles que je vais énoncer à présent. Je vais donc m’interroger sur un fait simple : le naufrage du Titanic a t-il eu un impact autre que le choc qu’il a crée sur les populations, sur un plus ou moins long terme.

Je mentionnerai tout d’abord l’amélioration des conditions de sécurité dans les transports, fait qui peut sembler bénin et marque pourtant nos vies quotidiennes ; j’évoquerai ensuite quelques victimes du naufrage qui auraient pu jouer un rôle important s’ils avaient survécu, et enfin, je parlerai de la réutilisation de la thématique du naufrage du Titanic dans l’histoire politique.

(suite…)

Samedi 13 avril 1912

Le samedi matin, deux bonnes nouvelles à bord du Titanic. Phillips et Bride ont réussi à réparer leur émetteur et recommencent à envoyer les messages personnels des passagers. Dans la chaufferie six, les soutiers ont enfin réussi à éteindre un incendie qui faisait rage depuis les essais du 2 avril. Celui-ci était dû à une combustion spontanée du charbon, fait courant sur les navires de l’époque, et avait été caché aux autorités portuaires pour ne pas retarder le départ. Cet incendie n’a aucune conséquence lors du naufrage.

Des messages signalant des glaces continuent à parvenir à la passerelle, chose inhabituelle à cette période de l’année sous ces latitudes. Les paquebots transatlantiques ont pour habitude de passer au sud de New York puis d’obliquer vers le nord pour éviter les champs de glaces. Les officiers et le commandant décident, par mesure de précaution, de changer de cap le dimanche, une demi-heure après l’heure prévue, pensant ainsi se mettre hors de danger.

Le soleil se couche sur la dernière nuit du Titanic.

Vendredi 12 avril 1912 : la traversée continue

Le vendredi 12 avril est calme. Les passagers vaquent tranquillement à leurs occupations et rien ne vient troubler la bonne marche du Titanic. En début de soirée, un télégramme parvient cependant à la station radio. Il provient du paquebot français La Touraine qui signale un épais champ de glace, des icebergs et un navire abandonné. Cependant, ceux-ci ne se trouvent pas sur la route du paquebot. Le message est tout de même transmis au commandant Edward Smith, qui le fait afficher sur la passerelle.

Vers 23 heures, un problème survient dans la salle de radio : l’émetteur ne fonctionne plus. John George « Jack » Phillips et Harold Bride, les opérateurs radio, passent leur nuit à chercher l’origine de la panne, à laquelle ils remédient dans la matinée du samedi.

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