Wikikoolol

Wikipédia est un endroit sympathique au demeurant, où il fait bon contribuer… Soit. Mais force est d’avouer que certains types d’individus ont le don de taper sur les nerfs. Car si chacun est libre d’apporter sa pierre à l’édifice, tout le monde n’en a pas les moyens. Ne nous leurrons pas : le collégien (très) moyen à l’orthographe défaillante apportera fatalement moins à Wikipédia qu’un doctorant ; ce n’est pas renier les principes fondateurs que de le reconnaître. Pire, ce genre d’individu a le don d’en exaspérer plus d’un, de provoquer des pétages de plombs, tout en sachant qu’au final, on ne peut rien, et qu’il faut garder son calme car comme disait l’autre, « tu ne taperas point ton prochain, même s’il commence à t’exaspérer plus encore que le dernier single de René la Taupe« .

Revenons donc sur trois types de ces individus aussi à leur place sur Wikipédia que Mr. Bean à une remise de prix Nobel. Nous examinerons donc le cas du terrifiant « Kikoolol », du non-moins effrayant « résauteur social » pour enfin s’attarder sur le mystérieux « individu dont on a pas franchement compris ce qu’il veut dire, où il veut en venir, mais qu’on voit tout le temps ». Bien entendu, aucun nom ne sera ici donné, mais toute ressemblance avec des Wikipédiens existant ou ayant existé serait probablement pas si fortuite que ça.

1. Le syndrome du clavier aux touches manquantes

Le premier de ces messieurs est donc le kikoolol. Sur Wikipédia ou ailleurs, nous avons tous connu un kikoolol, créature se nourrissant exclusivement de ses propres fautes d’orthographe, ce qui suffit à expliquer les phénomènes d’obésité croissante à notre époque. Mais si ! Vous en connaissez ! Celui qui pourrit votre mur Facebook de « slt sa va ? » ; qui débarque en plein milieu d’un débat de forum quel que soit le sujet, pour vous gratifier d’un superbe « oué, tro lol koi la Tori 2 la relativiT mdr » (car oui, le kikoolol sévit jusque dans les endroits les plus sérieux). Confusions basiques entre « ça » et « sa » ; usage d’abréviations inutiles qui lui font gagner 2 secondes pour une minute de perdue par ses lecteurs… Le kikoolol tendrait à prouver la déchéance du système éducatif primaire français, s’il ne touchait pas tous les âges ; car oui, on trouve des kikoolol de vingt ans et plus. Mis face à leur problème, ils diagnostiqueront un mal diverse (l’Odieux Connard traitera mieux que moi ce problème), ou le fameux syndrome du « clavier dont les touches marchent mal, mais de façon totalement hasardeuse et alternative »… Dans tous les cas, l’individu se moque clairement de vous, tro lol koi.

Or, des kikoolol envahissent de nos jours Wikipédia. Le concept même d’orthographe leur étant étranger, on pourrait penser qu’ils se seront eux mêmes jugés inaptes à contribuer… mais non. Car le kikoolol n’a pas que des troubles de l’orthographe, mais aussi du raisonnement. Ses lieux de prédilection sont heureusement assez centrés : certains nids peuvent ainsi se repérer facilement, ici, ici ou surtout là, la tanière de la reine, certainement. Heureusement, le kikoolol, pour peu qu’il ait poussé jusqu’à la création de compte, peine à se camoufler complètement, et attire généralement les rancoeurs de tous ceux qui essaient de bosser proprement et qui finissent par craquer en lui expliquant que « non, bordel, fer et faire ne veulent pas dire la même chose, et que le verbe être ne se conjugue pas en « il et », pour la dixième fois ! ».

S’il est persévérant, le kikoolol tentera en plus de faire comprendre, s’il traite d’un film/dessin animé/personnage fictif, que seule l’intrigue compte et non le contexte, la réalisation, l’impact. Il créera l’article « du ga kon voi dan le fon dan American Pie 7″ et ne comprendra pas pourquoi il finit en PàS. S’il est en forme, il est possible que, cerise sur le gâteau, il vienne vous poser un bon gros copyvio à l’ancienne. Ne reste plus qu’à un vaillant contributeur à passer derrière laver tout ça, essayer de faire de l’article une terre décente, s’assurer depuis sa liste de suivi que les choses ne redégénèrent pas,  et faire une bonne provision de Lexomil. Le kikoolol est en effet persévérant et pense bien faire. C’est même sa plus grande force : il déborde de bonne foi, et il est de fait impossible  de le virer. Tragique.

2. « Il est où le bouton « j’aime » ?

Viennent ensuite ceux qui confondent Wikipédia et Facebook/Twitter/Copains d’avant et autres, et viennent avant tout sur Wikipédia pour se faire des potes. Que l’on ne se méprenne pas : il est possible de se faire de véritables amis sur Wikipédia ; c’est d’ailleurs mon cas et je m’en réjouis. Cependant, ces amitiés doivent découler du travail : pas le remplacer. Or, il est ce type de contributeur donc le compteur d’éditions augmente, augmente, tandis que le pourcentage de contributions dans les articles diminue, diminue… Souhaits d’anniversaires à la chaine (« t’es pas venu depuis deux ans avant mon inscription, je sais pas qui t’es, mais bonnaniv’ quand même »), lancement de discussions sur le bistro donc on a pas trop compris le rapport avec Wikipédia, de près ou de loin, ou fameux syndrome du « je n’ai pas d’avis sur la question, mais je le donne quand même pour montrer que je suis là ». Dans certains cas, on en finit par se demander si l’utilisateur sait ce qu’est une encyclopédie.

Certes, les dégâts sont en apparence moindres qu’avec le kikoolol. Mais ce genre de bonhomme tape tout de même sur les nerfs d’une certaine catégorie d’utilisateurs qui, passant plus de temps à bosser sur les articles qu’autre chose, sont vite lassés de ces trublions pollueurs de liste de suivi. Vient un jour où une remarque est faite sur le type « tu voudrais pas plutôt bosser les articles », souvent suivie d’incompréhension, de nouvelle remarque, puis finalement de guerre ouverte. D’autres viennent prendre la défense de l’attaqué, qui, même s’il n’apporte pas grand chose, n’avait rien fait de mal, des clans se forment… Ca peut mal tourner. Heureusement, le résauteur social tourne souvent plutôt bien et comprend que les articles sont la raison d’être de Wikipédia… Autrement, il part après s’être rendu compte que le bistro n’est pas compatible avec FarmVille.

3. Can you repeat please ? No hablo español.

Ce dernier type est assez rare : j’en distinguerais personnellement deux exemplaires, mais il est particulièrement visible. Il y a fort à parier qu’au moins un des deux aura posté sur le bistro du jour quand vous aurez fini la lecture de cet article. Le bonhomme a ainsi pour habitude de poster des sujets dont :
1. on ne comprend pas ce qu’ils foutent là

2. on ne comprend pas tout court, car les périodes cicéroniennes s’enchainent sans véritable cohérence, et avant même d’avoir fini le paragraphe, on ne sait plus d’où on vient. Un peu comme sur mon blog en somme.

Réflexions étranges qui suscitent tant l’effroi que le rire,  ou bien incrustation dans une discussion histoire de faire grincer des dents… Le résultat est souvent mitigé aux yeux du public. Et quand les deux individus se rencontrent, certains parlent même de retour des Monty Pythons… D’autres, particulièrement échaudés, tentent régulièrement d’en finir en en appelant aux autorités… ou en se faisant justice eux mêmes. C’est en cela que ces contributeurs posent problème : ils ne sont pas forcément mauvais lorsqu’ils se taisent, mais quand ils l’ouvrent, ça dégénère. Et à l’instar d’un certain forgeron gaulois, ceux qui tapent sur ces bruyants personnages restent impunis. Pour leur bien comme celui des autres, les recentrer sur les domaines où ils sont utiles et compétents serait le mieux, mais la tâche, maintes fois entreprise, reste vraisemblablement vaine… A chacun de juger.

 

Qu’on ne pense pas pour autant que Wikipédia est un endroit invivable. La faune ci-dessus décrite reste une part fort anecdotique des individus qu’on y croise, et de bonnes équipes de travail peuvent très facilement se former. C’est également ça, Wikipédia, des rencontres autour de l’amour d’un savoir que l’on cherche à partager.

 


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