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Si Wikipédia avait existé en 1912 ?

Pour quelqu’un qui « baigne » dans le naufrage du Titanic depuis plus de dix ans et a passé beaucoup d’heures à étudier les faits et leur interprétation par les contemporains, le naufrage du Costa Concordia donne une très étrange impression de déjà vu. En 1912 comme en 2012, le naufrage a immédiatement poussé l’opinion à s’indigner sur les conditions de sécurité en mer. Dans les deux cas, le comportement et l’organisation des secours ont été mis en cause par les rescapés. Dans les deux cas, le naufrage résulte vraisemblablement d’un excès de confiance de l’équipage et donc de manquements purement humains. Dans les deux cas, on en invoque rapidement aux « malédictions » en nous rappelant que, dans un cas, le navire n’a pas été baptisé, dans l’autre, que la bouteille ne s’est pas cassée. Et enfin, dans les deux cas, les médias se ruent sur l’histoire qu’ils battent en brèche sans aucun recul, enchaînent les rumeurs, lancent des anathèmes sur certains acteurs du drame, prennent des témoignages sans les mettre en perspectives et, parfois, sans vérifier qu’ils sont authentiques… Bref, le monde n’a finalement pas tant changé que ça en cent ans.

Pourtant, une différence de taille réside entre les deux événements. Dans le cas du Costa Concordia… Wikipédia est là pour nous raconter l’histoire. Ayant mis en place il y a quelques années le projet Paquebots de l’encyclopédie, j’ai a peu près tous les articles de ces navires en suivi, ce qui m’a permis d’assister à l’évolution de la situation. L’historique de l’article est révélateur : sur environ 300 modifications en tout, près de 250 ont été faites après le naufrage, pour un navire existant depuis 2005. Et on ne peut pas dire que la qualité en découle puisque ces 250 modifs ont apporté un total de 10 000 octets, se résumant finalement à un fil d’actu en continu. Où est le mal me direz-vous ? J’y viens. Imaginons, un instant, que nous sommes en 1912, et que, alors que le Titanic vient de sombrer, Wikipédia est déjà là pour rapporter ce qui se dit dans la presse, en temps réel. Vous pourrez ensuite comparer avec le tableau que l’on dresse du naufrage en 2012, la différence est édifiante.

Si Wikipédia avait existé en 1912 ? dans Casses-têtes wikipédiens Collision_of_Costa_Concordia_11
Une impression de déjà vu…

31 mai 1911

Pour le lancement du Titanic, plus gros paquebot du monde, son article Wikipédia est ébauché. Sa taille et sa médiatisation suffisent à le faire rentrer dans les critères d’admissibilité, et l’article consacre une part importante à ce lancement, cérémonial important où assiste une bonne part du gotha du monde de la marine et des affaires, notamment le riche magnat J.P. Morgan, excusez du peu. La presse est particulièrement loquace sur le sujet, et la place de ce sujet dans l’article s’en ressent bien évidemment. Un communiqué de presse de la White Star Line relayé par les journaux permet d’annoncer que la traversée inaugurale aura lieu le 20 mars 1912.

 

Automne 1911

Suite à un incident entre l’Olympic (jumeau du Titanic) et le croiseur HMS Hawke dans le port de Southampton, les travaux sur le Titanic sont légèrement reportés. Sa traversée inaugurale est repoussée au 10 avril. Une IP bienveillante précise la chose sur l’article, que plus personne n’a en suivi, le buzz du lancement étant passé.

 

10 avril 1912

Le Titanic quitte Southampton avec à son bord nombre de grands noms de la finance, de la politique, du secteur des arts et littérature. Conflit d’édit sur l’article pour rajouter un maximum de ces grands noms qui font les unes de nombreux journaux. Au moment du départ, le paquebot manque de heurter un navire à quai dont les amarres ont rompu. Dès que la nouvelle est annoncée par la presse, un POV pusher se rend sur l’article pour démontrer que « le Titanic est maudit car il est une offense à Dieu ». La guerre se poursuit en page de discussion, jusqu’à blocage de l’intéressé.

 

15 avril, tôt dans la nuit

New York reçoit les premiers échos de messages de l’Olympic, non loin des lieux du drame, qui annonce que le Titanic a heurté un iceberg, fait eau, et que des navires viennent à son secours. Le message précise également qu’il n’y a plus de signaux émis par le Titanic depuis quelques heures. Rapidement, la presse rapporte que le paquebot est remorqué jusqu’à Halifax et que tous les passagers se portent bien. Wikipédia s’en fait l’écho. Le New York Times, sentant que quelque chose d’étrange s’est produit, annonce que le navire a coulé. Une IP tente de rajouter l’info et sa source sur l’article, pour apporter les différents points de vue. Il est réverté pour « fait anecdotique ».

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Oui, pile pour le centenaire dites donc !

15 avril, 18 heures

Philip Franklin, vice-président de la White Star Line, reçoit un message de Joseph Bruce Ismay, président, et rescapé du naufrage, confirmant que le Titanic a disparu avec 1500 personnes à son bord. Une annonce officielle suit. Conflit d’édit sur Wikipédia pour savoir si, oui ou non, le Titanic a coulé. La nouvelle étant reprise de façon unanime dans la presse le lendemain, un consensus est atteint.

 

16 – 18 avril

New York reçoit peu à peu des listes de rescapés erronées, incomplètes et contradictoires. Sur Wikipédia, les articles des différentes personnalités présentes à bord font l’objet de conflits d’édit pour savoir si ces gens sont morts ou vivants. La presse n’étant pas d’accord sur certains, bandeaux et semi-protections affluent. L’article est enrichi d’une section « réactions internationales » où sont recopiées les condoléances des différents chefs d’état, source à l’appui.

 

18 avril

Les rescapés arrivent à New York à bord du Carpathia. C’est une véritable ruée de la presse sur les témoignages, pris à la va-vite, et parfois totalement inventés. Wikipédia s’en fait l’écho. Il est ainsi rapidement avéré que la proue du Titanic a été totalement broyée par l’iceberg, que les chaudières explosaient dans tous les sens, et que le commandant s’est suicidé en hurlant « ma chance m’a quitté » sous l’œil médusé des naufragés. Une ligne est ajoutée pour indiquer qu’une commission d’enquête menée par le Sénat américain débutera le lendemain.

 

19 avril

Suite à l’opération de lynchage médiatique à laquelle se livre William Randolph Hearst, Bruce Ismay, renommé pour l’occasion « Brute Ismay » est accusé d’avoir fait sciemment accélérer le navire dans la zone des glaces, et d’avoir sauté dans le premier canot venu. Son article est protégé en écriture suite à une guerre d’édition. Un article « affaire Joseph Bruce Ismay » est créé, passé en PàS et conservé par une écrasante majorité : le sujet est notoire car rapporté par toute la presse du moment. Après les sessions de la commission d’enquête, quelques phrases portant sur sa défense sont ajoutées. Un POV pusher tente de rajouter une section à l’article Guglielmo Marconi concernant le salaire de ses employés, évoqué durant le témoignage de ce dernier.

 

23/24 avril

Il est de plus en plus avéré qu’un navire se trouvait près du Titanic et n’a pas répondu aux appels. Les capitaines Moore et Lord, du Mount Temple et du Californian sont accusés par des témoignages plus ou moins fiables de leurs membres d’équipages. Leurs articles sont créés et deviennent une revue de presse de leurs déclarations.

 

25 avril

Un marin rescapé déclare que tout l’équipage du Titanic était sous l’emprise de l’alcool au moment du drame, qu’il a dû se ruer dans le nid-de-pie pour signaler lui même l’iceberg, avant de filer faire virer le paquebot lui-même. Sidéré par ce témoignage, le sénateur Smith le fait convoquer devant la commission. Wikipédia consacre un article à ce héros et à la polémique, rapidement passé en PàS. Le débat aboutit finalement sur une conservation assez discutée, et blocages à la clé. On apprend quelques jours plus tard que l’homme était un imposteur qui a fui la commission d’enquête après avoir reculé sur certaines de ses déclarations. Un contributeur repropose immédiatement en PàS et est accusé de WP:POINT. Il est bloqué deux semaines, et l’article reste conservé car symbolique d’un fort intérêt médiatique. Oublié de tous, il sombre dans les limbes de Wikipédia.

 

Début juin 1912

La commission d’enquête menée en mai au Royaume-Uni conclut que le Titanic naviguait trop vite, n’avait pas assez de canot, et accuse Stanley Lord, capitaine du Californian, de ne rien avoir fait pour sauver plus de vies. Il est avéré que le Titanic a été victime d’une grande brèche continue sur ses six compartiments avant, et a coulé en un seul morceau. La commission compte environ 850 rescapés. Ces conclusions sont reprises dans l’article par les quelques contributeurs qui le suivent encore après le buzz. Dans les temps qui suivent, chaque commémoration ou hommage est l’objet d’une mention dans l’article.

 

Épilogue…

100 ans après, il apparaît que le Titanic a été victime de plusieurs petites brèches séparées, qu’il a coulé après s’être brisé en deux, que le Californian était trop loin pour intervenir, et que les rescapés ne sont que 700 et quelques. L’article doit donc être repris de fond en comble, sourcé avec des ouvrages, rééquilibré, pour avoir une tête décente. La question étant : une fois qu’un article n’est plus qu’un magma de strates d’information accumulées avec le temps, est-il possible de le rerédiger avec recul, ou faut-il tout défaire pour le refaire convenablement ? La question est également de savoir combien de temps doit s’écouler pour qu’un sujet puisse être traité sans cet effet de couches. Alors, à quoi ressemblera le Costa Concordia dans 100 ans ? Le commandant sera t-il toujours considéré comme un lâche ? Les causes du naufrage seront-elle toujours celles identifiées actuellement ? Les témoignages toujours jugés fiables ? Rendez-vous en 2112 !

 

Et pour les curieux

La source qui fait à peu près l’unanimité chez les passionnés de marine concernant le naufrage du Costa Concordia est Mer et Marine, qui rapporte globalement les déclarations les plus sérieuses. Mais toute étude de l’affaire « à chaud » comportera fatalement des erreurs de jugement. Et pour ceux qui veulent en savoir plus sur le Titanic, mon autre blog détaille les meilleurs sources, web et livres.

Un admin peut il vandaliser Wikipédia ?

Face à cette question, si vous êtes un visiteur normalement constitué et adhérant aux principes de base de Wikipédia, vous jurerez que, oh grands dieux, non ! Et pourtant… Les admins ont le droit de vandaliser Wikipédia. Pire, des admins avec pas mal de bouteille trouvent cela totalement normal, et sont persuadés d’agir ainsi pour le bien de l’encyclopédie. Foutaises ? Non, la preuve par l’exemple.

Récemment, un membre du projet foot « pète les plombs », est bloqué un mois, contourne son blocage et insulte. D’autres ont discuté du bienfondé de ce blocage ; pas moi, d’une part car je ne connais pas assez bien le dossier, d’autre part parce que je n’en ai strictement rien à faire. Il se trouve que, par la suite, notre bonhomme revient sous IP. Pour vandaliser ? Non, même pas : il met à jour des stats, voire même wikifie quelques articles. Repéré, il s’en prend à son délateur et son IP est bloquée : normal : il a joué, il a perdu. Encore que, déjà, ce point puisse prêter à débat : peut on bloquer quelqu’un sous une identité qui n’a encore rien fait de mal, parce qu’on a reconnu un ancien individu problématique ? La rédemption est-elle impossible sur Wikipédia ? Acceptons la règle du jeu, et passons sur cette question : il y a de toute façon bien plus drôle plus tard.

Car notre bonhomme revient et continue ses stats et sa wikification. Il suffit de voir cette modification, ou celle-ci, ou encore celle là, et de comparer avec WP:en par exemple pour voir qu’il ne s’agit en aucun cas de vandalisme. De la wikification pure et simple, comme en font des centaines de contributeurs chaque jour sans avoir aucun souci, et encore heureux : c’est là la base de Wikipédia. Notre contributeur jugé irrécupérable par – une partie de – la communauté est donc rebloqué sans pitié. Nous ne discuterons pas de ce fait. En revanche, il est plus gênant que certains admins révertent systématiquement son œuvre, y compris lorsqu’il a apporté à Wikipédia, voir corrigé des erreurs ! Or, l’inverse de corriger une erreur est… ajouter une erreur. Et quelle est la définition de base du vandale ? Quelqu’un qui ajoute du contenu erroné sur Wikipédia. Donc, les administrateurs qui révertent ces modifications se comportent.. en vandales, là où leur mission est de protéger l’encyclopédie contre ces mêmes vandales. Il y a comme un hic.

Hic soulevé sur le Bulletin des Admins par un simple péon, Floflo62, qui trouve la pratique un peu déplorable (et surtout sans grand intérêt puisque le « nuisible » est bloqué de toute façon). L’un des admins auteurs de ce revert sort une réponse qui ouvre un débat intéressant : « Cela ne sert à rien de bloquer un contributeur si on le laisse faire des contournements. C’est une prime donnée à ceux qui essaient de contourner avec succès que de laisser leurs contributions, tandis que les personnes qui respectent le blocage ne gagnent rien ? Personnellement, je reverte souvent les contributions effectuées durant les contournements, sauf s’il s’agit de la correction d’une erreur assez grave pour être préjudiciable au lecteur. Il faut qu’on soit logique. » En d’autres termes : pour faire respecter la Loi de Wikipédia, et donc les banissements décidés par quelques admins, aucun moyen n’est inutile, et dégrader l’encyclopédie permet de montrer aux bannis qu’ils n’ont pas à revenir ». Au final, qui se marre bien ? Le banni en question : il apporte une modification constructive, et voit un admin vandaliser, de fait, Wikipédia ! Nous n’avons plus besoin que les vandales fassent le travail, nous le faisons à leur place.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce principe me surprend : je l’avais déjà vu appliqué lors de l’affaire Calcineur… Ce qui nous amène à un débat sur le sens même de Wikipédia : nous sommes sur une encyclopédie où chacun peut apporter sa pierre, pour peu qu’elle aide à bâtir ce projet d’encyclopédie. Ne sont « éliminés » que ceux qui nuisent au projet, directement (en vandalisant un article) ou indirectement (en injuriant…). Jusque là, tout va bien. Les administrateurs ont pour mission de protéger l’encyclopédie. N’y a t-il pas une certaine contradiction à user des méthodes des vandales pour les dissuader de façon préventive ? Tout ça me rappelle mon enfance et les merveilleux Power Rangers, défenseurs débiles du monde civilisé, qui, pour protéger une ville contre un monstre-sanguinaire-pas-beau-qui-fait-peur-mais-pas-trop, en ravageaient la moitié dans des combats surhumains.

Quand Wikipédia parle politique…

Le sujet de la politique sur Wikipédia a déjà maintes fois été traité en ce qui concerne les articles encyclopédiques. On l’a déjà dit, tantôt nazie antisémite d’extrême droite, tantôt repère de la gauche marxiste populiste athée méchante, Wikipédia est souvent, selon les observateurs, du point de vue opposée au leur. Quant aux contributeurs, ils s’écharpent sur des questions concernant vaguement la neutralité, et plus concrètement leurs conceptions de ce qui doit ou ne doit pas être sur un article d’encyclopédie. Rien de nouveau sous le soleil, et j’ai déjà tiré ma conclusion : poussons la poussière sous le tapis, regardons ailleurs le temps que ça se calme. Une fois ceci dit, je rajoute tout de même que ce ne sont pas ces aspects que je vais traiter dans le présent billet. Mais ne vous inquiétez pas, amis lecteurs amateurs de scandales et billets polémiques (dites pas le contraire, les stats parlent à votre place), le trollage sera bien au rendez vous ici.

Car, de façon plus générale, la politique s’incruste sur Wikipédia dans des discussions qui prennent rapidement un tour nauséabond. Nous ne nous arrêterons pas sur les vagues considérations du troll lambda venu imposer son point de vue révisionniste/nous faire découvrir la Vérité et qui traite tous ses opposants de nazis/censeurs/antisémites/partisans d’un complot international/fans de Justin Bieber. Non, parlons plutôt du contributeur bien établi qui fait un peu trop souvent part de ses opinions politiques. L’exemple le plus récent nous vient de Mike Coppolano, (relativement) coutumier du fait, mais il n’est pas le seul à s’y être livré, loin de là. On a pu aussi voir quelques sorties anti-communistes etc., qui, quel que soit le sens dans lequel va la critique, sont totalement hors sujet sur un projet qui a pour but, rappelons le, de rédiger une encyclopédie neutre, et pas de promouvoir ou démolir une quelconque idée politique.

Or donc, Mike, sur le bistro d’hier, nous a gratifié d’une sortie remarquable, pour la remise des prix de Wiki Loves Monuments, concours de photographies à des lieues de toute considération politique (quoique…). Mais il se trouve qu’un des vainqueurs, Jérémy J. (anonymisé à sa demande), a le malheur d’être sympathisant du Front National et de le dire, assez rapidement, sur sa page utilisateur. Que les choses soient claires, ayant grandi dans un contexte clairement à gauche, et partageant ces valeurs, le parti sus-cité représente à peu près tout ce que je n’aime pas. Je dirais même qu’il est sur la liste des partis pour lesquels je ne risque pas de voter. Cependant, j’ai justement été élevé dans des valeurs me poussant à considérer que l’opinion de l’autre, aussi horripilante puisse t-elle être à mes yeux, n’a pas à lui être reprochée.

Et en l’occurrence, Jérémy J. est un contributeur de qualité, qui fait du très bon travail dans ses sujets, sans jamais, à ce qu’il me semble, s’être livré à une quelconque propagande. Il se trouve aussi que, ledit cliché n’ayant rien de politique, étaler et critiquer les opinions de son auteur sur le bistro comme l’a fait Mike Coppolano était clairement hors sujet et déplacé. Cela l’aurait été venant de tout utilisateur, et quel que soit le thème de la critique : de quel droit aurait-on à s’en prendre à un contributeur sous prétexte qu’il est Musulman, homosexuel ou Berrichon, tant qu’il ne POV-push pas dans le sens de ses engagements ? Le souci est que ce genre de dénigrement « au faciès » a tendance à se répandre de façon de plus en plus impunie ; mais rarement aussi visible (c’est d’ailleurs l’ampleur de cette sortie bistrotière qui m’a poussé à prendre ce cas plus qu’un autre ; je n’ai aucune amitié ou inimitié pour les protagonistes par ailleurs, merci de le noter avant de me sauter dessus).

On aura tôt fait de réveiller le vieux débat sur le bienfondé des boîtes utilisateur/propos politiques/religieux/autres… sur les pages utilisateur. Je m’oppose personnellement à leur retrait dans la mesure où rien ne les rend obligatoire. Elles me semblent également un gage de sincérité de la part du contributeur déclarant : « voici mes idées, si je suis amené à contribuer à leur sujet, je pourrais me laisser aller à violer la NPOV, si cela ce fait, dites le moi ». Car soyons réaliste, nous avons tous des opinions, qu’il n’est jamais aisé de retenir.

En revanche, il me semble primordial de faire en sorte de limiter les discussions de type politique/religieux et autres débats foireux qui n’ont aucun lien avec Wikipédia sur le bistro, qui est déjà clairement devenu un vaste champ de mines bordélique au possible. Malheureusement, la possibilité de désigner des modérateurs n’attirerait que des ennuis supplémentaires… Difficile donc, de rendre les choses simples. Mais il me semble clair que pour le bien de tous, ce genre d’amusement devrait se cantonner, au maximum, aux espaces personnels.

Je ne peux donc que reprendre la citation que m’a involontairement soufflé Kelam : « je ne suis pas de votre avis, mais je ferai tout ce que je peux pour que vous puissiez le défendre ». Exposer ainsi un contributeur à un tel interrogatoire en plein bistro comme ce fut le cas hier est tout bonnement honteux, quel que soit le sujet. A voir si la chose se reproduira.

Quant à ceux qui veulent s’interroger sur le rôle que peut jouer Wikipédia sur la politique, débat qui a secoué les masses et dont au sujet duquel je ne sais pas quoi penser, Dr Brains a lancé une discussion qui me semble d’un bon intérêt. Bon courage à ceux qui y prendront part !

Vous reprendrez bien un peu de CAr pour la route ?

Je sais : le CAr, les pages meta, c’est le sujet du Mal. Celui qu’il ne faut pas traiter, celui qui horripile et dégoûte tout le monde. À tel point que la dernière fois que je l’ai traité, j’ai explosé le record de commentaires de Pierrot qui semblait pourtant bien établi. Donc au final, les guéguerres Wikipédiennes, c’est un peu comme le Gendarme et les Extra-terrestres : tout le monde dit détester, mais à tous les coups ça fait péter l’audimat. C’est donc reparti pour un tour puisqu’un petit débriefing est à mon avis nécessaire.

J’ai, hier soir, été assez surpris de partager une bonne partie de l’analyse d’Hégésippe. En fait, je partage son analyse jusqu’à la phrase suivante : « cela démontre en tout cas que la manœuvre consistant à contourner une prise de décision communautaire pour abolir le comité d’arbitrage — et ainsi instaurer au sein de la communauté francophone des contributeurs un mode de règlements de comptes dignes du Far West — a échoué » : si la phrase en elle même est juste, la proposition entre tirets me fait grandement marrer dans la mesure où les pages méta de Wikipédia ressemblent déjà particulièrement au Far West. La preuve, on a même les lynchages en place publique (sur le sujet, voir le billet de Pierrot qui résume à la perfection ma position). Et puis il y a les dernières considérations sur le retour d’Addacat qui concluent le billet, trop allusives pour que j’en saisisse le sens personnellement : j’aurais bien demandé à l’auteur le sens de son propos, mais il a interdit les commentaires. C’est ballot.

Pourtant, je reste d’accord avec lui sur le fond, ce qui fait que lui comme moi ne devons pas être si malhonnêtes que ça. En effet, le scrutin a attiré du monde ; rameutages mis a part (il y en a certainement eu dans les contres comme dans les pour), faux-nez mis à part (pas sûr que le phénomène soit si important que ça, même si les réactions ulcérées aux suspicions ne sont venus que d’un côté), et surtout votes de morts vivants (qui là aussi ont eu lieu des deux côtés, avec un léger retard côté contres), il reste indéniable qu’une grande masse de gens s’est déplacée sur ce sujet qui, rappelons le, n’intéresse personne. Le fait que certains candidats élus, malgré les critères particulièrement contraignants, totalisent un nombre de votes contre supérieur aux pour qui avaient validé certains candidats précédents suffit à résumer la situation.

Bilan donc : une grande part de contributeurs considèrent encore le CAr comme une institution à bon potentiel : le plébiscite pour un candidat neuf et « propre » comme Olivier Morand en témoigne. A l’inverse, l’opposition dont ont fait l’objet les anciens, qui pour trois des quatre représentés, se sont trouvés très près de la ligne fatidique des 66% nécessaire (qu’ils soient finalement dessus ou dessous), montre qu’ils n’ont plus, loin de là, la confiance absolue de la communauté. Cela signifie donc à mon avis que le CAr ne pourra plus être considéré comme une solution unique et indiscutable, dans la mesure où une proportion non négligeable de personnes (30% tout de même) ne lui fait pas confiance. Peut-être le temps de réfléchir à une solution alternative, par exemple un deuxième comité différent chargé de l’application de la sanction, et avec comme prérogative de porter un jugement sur la légitimité de l’application d’une sanction.

Quoi qu’il en soit, le CAr est reparti pour un tour. Souhaitons donc bon courage aux arbitres, et retrouvons nous dans 6 mois : soit le comportement du comité aura été irréprochable, preuve d’une crise passagère, soit, comme le disent ses opposants, il continuera sur la voie des scandales, nous promettant une prochaine élection particulièrement palpitante… Les débats sont donc ouverts ; et il serait sympathique, pour une fois, que ceux qui ne pensent pas comme moi, plutôt que de lancer des anathèmes en me fichant comme le « nouvel argos » (chose stupide à plus d’un titre), argumentent sur le fond du propos pour faire avancer une discussion à laquelle je ne suis pas réticent.

Comment Wikipédia est tuée à petit feu

Rien ne va plus sur Wikipédia, de plus en plus de contributeurs le disent ; et ça, c’est inquiétant. Jusqu’à il y a peu, j’avais fait de « supposez la bonne foi » ma règle de vie, et je me persuadais que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Puis vient le jour où on essaie de donner un avis assez neutre dans ce conflit, et on se mêle à toutes ces guerres. Guerres qui, il faudra bien s’en rendre compte, contribuent à tuer petit à petit Wikipédia, car les dégâts collatéraux vont croissant.

Pourtant, le projet lui même reste beau et ce concept de partage de culture pour le profit de tous continue à me tenir à coeur. Il est d’ailleurs particulièrement intéressant de voir que tous ces conflits ne touchent finalement que de très loin les articles, qui sont le fondement même de Wikipédia. Retour sur ce problème qui ronge l’encyclopédie et provoque petit à petit le départ de contributeurs talentueux.

(suite…)

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