Archives pour la catégorie Casses-têtes wikipédiens

Wikipédia et l’actualité : cas pratique

Lorsque j’avais commencé à travailler sur les Beatles, avec pour objectif secret de faire des AdQ de chacun des quatre membres du groupe, j’avais établi le plan de route suivant : commencer par les morts puis passer aux vivants. En effet, en suivant une certaine logique, je m’étais dit que les premiers seraient moins mouvants que les seconds. Cette idée ne s’est révélée qu’en partie vraie : travailler l’article de John Lennon en 2010, pour son 70ème anniversaire et pour le 30e anniversaire de sa mort, c’était devoir prendre en compte la nouvelle vague d’engouement et la réédition de tout son catalogue. De même côté Harrison, avec la sortie prochaine du documentaire de Martin Scorsese.

Pourtant, de façon générale, ma théorie était bonne (mais cela semblait assez évident) : penchons nous sur le cas de Paul McCartney auquel j’ai commencé, progressivement à m’attaquer avec le reste du projet Beatles. Avant le début du travail, l’article affichait une claire disproportion : la partie concernant les années 2003 à 2010 représentait à peu près le tiers de la biographie… d’un homme de près de 70 ans dont ce sont là parmi les années les moins prolifiques. Si l’on étudie de plus près cette partie, « regain de popularité », on se rend compte qu’elle détaille un grand nombre d’apparitions de l’artiste durant cette période, avec un pic de détail à partir de 2007 : l’explication semble simple : à partir du moment ou Wikipédia a été médiatisée, des gens sont venus « mettre à jour » l’article au fur et à mesure ; créant ainsi un magma informe.

Or, là, tous les défenseurs de la qualité s’opposant à l’inclusion de faits d’actualité vont crier victoire en expliquant que la même chose se produit également sur les projets politique etc., et ne peut se résoudre qu’en coupant court à ces mises à jour puisque pas de recul ; etc. etc. J’aurais tendance à faire le constat inverse. Si l’on étudie l’historique de l’article, on remarque que cette partie informe n’a été « dissoute » que lorsque j’ai commencé ces derniers jours à reprendre l’intégralité de la biographie, avec sources et recul. La partie a ainsi perdu quelques 6000 octets pour être totalement synthétisée. Mais ce travail n’avait pas été fait avant, si ce n’est l’ajout (assez tardif) d’un bandeau « a recycler« . Pas de retrait des propos ajoutés (sauf vandalisme) ou autres coupes tant que le travail n’est pas venu s’appliquer à cette partie précisément.

Et c’est là la clé à mon avis : pas de conflits d’édit avec des nouveaux ne comprenant pas pourquoi leur info a giclé (oui, même sur les sujets anodins, c’est régulier), pas de gros débat sur la page de discussion… Mais surtout le travail a été fait en gros, sur tout l’article, pour produire une somme avec du recul une fois le tour de cet article venu. Le projet Beatles, dont c’est pourtant un article phare, n’a pas pâti de cela : il améliorait d’autres articles en attendant. De même, pourquoi ne pas se contenter d’attendre sur les articles d’actualité ? Si le résultat doit être forcément un champ de ruines, il suffit de les laisser s’accumuler en éliminant le vandalisme flagrant, et par la suite de refondre le tout quand les débats sont tassés. Une fois ce recul pris, en revanche, il est préférable de surveiller l’article et de supprimer l’anecdotique. Mais c’est inutile de le faire en amont, tant cela ressemble à vouloir coller du papier peint sur un mur tombé en miettes.

L’exemple peut s’appliquer partout. A mon avis, les défenseurs de la qualité et du recul sur ces projets seraient plus productifs s’ils utilisaient leurs forces sur de articles déjà bien tassés et pouvant être traités recul. Les articles, au pif, de Pompidou ou VGE gagneraient à être sourcés et améliorés (leur sourçage, notamment est à pleurer) en attendant que les mandats de Sarkozy, Chirac, et peut-être même Mitterrand puissent être étudiés avec plus de recul. Et des articles poussés et neutres sur ces présidents feraient plus de bien à la réputation de Wikipédia que les dénonciations de « censure » (fondées ou non) qui touchent les projets politiques.

La fuite des cerveaux

Si l’on en croit un certain nombre d’articles parus récemment sur la toile, la fin est proche. Wikipédia perd des contributeurs à vitesse grand V, l’hémorragie est terrible, le projet est foutu. Ce n’est pas la première fois que le web annonce ça, mais cette fois-ci, c’est plus grave : même le Maître l’annonce : les geeks de 26 ans qui formaient le ciment de notre encyclopédie fondent des foyers, travaillent, nous quittent.

Je ne vais pas m’étendre sur le bienfondé de cette affirmation, même si résumer la communauté à des geeks de 26 ans en a fait rire plus d’un. Je ne vais pas non plus chercher à savoir ce qui fait fuir les contributeurs : les piliers de bistro émettent leurs théories selon leur vécu : trop technique, admins trop méchants, esprit trop sectaires, « souvenez vous du départ de X à cause de la mauvaise ambiance ». Le sujet a été maintes fois rabâché mais les départs les plus visibles sont souvent les moins significatifs.
Il serait plus intéressant selon moi de voir ce qui pourrait attirer plus de nouveaux vers Wikipédia, qui reste un projet pouvant séduire tous les profils (n’en déplaise aux geeks), sur bien des sujets, et souvent dans une bonne ambiance. Ces idées en l’air partent des commentaires que l’on a pu voir ça et là à propos de cette « déchéance », mais pas seulement.

(suite…)

Retour vers le futur… de l’admissibilité

Tout commence hier soir avec un billet sur Canard WP (je salue le jeu de mot que je n’aurais pas osé trouver), nouveau blog Wikipédien, pour l’instant entretenu par Argos42 mais ce ne sera pas le seul ; blog à la tendance suppressionniste avouée. Le premier billet, facile mais intéressant, revient sur ce qu’il faudrait désormais appeler le « cas Poulpy« , tant le débat devient récurrent : peut-on autoriser la création à la chaîne d’article vraisemblablement admissibles, tous sur le même modèle et le même sujet : volcans, frontières, astéroïdes…

Le problème (et ce ne sera pas le sujet de ce billet), a été maintes fois expliqué par les détracteurs de Poulpy : difficile de retrouver les sources, mise à jour non faite qui rend les articles rapidement caducs, création de milliers de coquilles vides, suivi des articles quasi nul. Il y a également l’argument juridique sur la légalité du repompage automatique de base de données, mais j’ai pas tout compris et je suis aussi inspiré par le droit qu’une poule par un couteau, donc je laisse ceux qui savent dire les choses à ma place. Du côté des soutiens du poulpe wikipédien,on explique au contraire que ces coquilles vides seront plus faciles à améliorer plus tard, que ça permet de créer plein d’articles utiles, et que de toute façon, Wikipédia est aussi là pour s’amuser. Régulièrement, donc, ça pète (exemple 1 ; exemple 2).

Argos part donc de l’exemple des astéroïdes créés par Poulpy, et conclut sur un ton ironique qu’avec plus de 10 millions d’étoiles, on peut facilement décupler automatiquement le nombre d’articles de Wikipédia de façon rapide, avec un programme automatisé, en repompant des bases de données pour faire des articles à base d’infobox et d’une phrase, qui ne resteront à jour que peu de temps. (exemple, qui n’a quasi pas bougé depuis sa création en 2005 et n’a été visité que par des bots ou presque) Alors ; pour ou contre les 10 millions d’étoiles ?

La discussion se poursuit donc sur Twitter (bon nid à billets faciles, du coup ; j’ai bien fait d’y aller), où Alexander Doria (son blog) nous explique que dans l’absolu, 10 000 étoiles, il n’a rien contre. Je réponds donc que je mets au défi quiconque de faire d’un seul de ces articles quelque chose de rédigé, avec paragraphes etc. Or, l’argument d’Alexander Doria touche un point sensible : tous ces corps célestes n’ont pas encore été étudiés par les astronomes.

Bêtement, je pensais qu’un sujet devait avoir été étudié pour figurer sur Wikipédia. J’étais même prêt à défendre bec et ongles un Pokémon s’il a des sources ! Mais si un article doit se limiter à un nom et une taille, on peut, en forçant le trait, créer tout un tas de personnes à partir d’un annuaire téléphonique ou autre base de donnée. De façon plus sérieuse, cela ouvrirait la porte à plein de groupes de musique très confidentiels (genre celui qui joue dans le garage du voisin), au prétexte qu’il à joué à la fête communale de Chimoux-la-Vallée et que peut-être, un jour, des études traiteront du sujet. Bref, en l’état, cette politique me semble se baser avant tout sur un pari sur d’éventuelles futures études, ce qui me semble, sinon nocif, du moins être un détournement assez voyant des principes fondateurs.

Alors bientôt une prise de décision sur l’admissibilité des astéroïdes (suppressionnistes, que faites vous ?) ou, pour prouver que j’ai tort,une amélioration très visible du texte de (214) Aschera (inclusionnistes, que faites vous ?) ? En tout cas un débat qui risque de durer longtemps.

Ce n’est pas parce qu’on a pas de jeu de mot pourri sur le CAr qu’on a rien à dire pour autant…

Puisqu’il est de coutume ces temps ci pour quiconque traine un peu dans les pages communes de parler du Comité d’Arbitrage, je me lance aussi dans l’exercice. Je dois avouer que jusqu’à il y a peu, ma politique en la matière était « j’en ai rien à cirer » ; mais depuis quelques temps, le sujet étant sur toutes les lèvres et le problème semblant enfler, je n’ai pas pu ne pas y prêter attention. Et en effet c’est pas jojo.

Sur trois gros arbitrages récents, les trois jugements ont fini par des décisions qui ont pas mal révolté la foule : entre Suprêmemangaka qui a droit à une psychothérapie de comptoir ; Argos42 à qui on explique qu’il n’a rien à faire ici alors que quelqu’un d’autre l’avait redirigé vers le CAr ; et Addacat à qui on demande de divulguer sa liste de suivi pour lui éviter de contribuer dans des articles générateurs de tensions, les problèmes ont été nombreux et se sont soldés par des discussions sans fin (voir par exemple le(s) débat(s) du bistro du 26 juillet).

On me souffle dans l’oreillette qu’à chaque fois, le CAr a bien agi, que le refus de l’arbitrage venait du fait que le conflit n’était pas assez ancré sur WP pour être de son ressort, que le CAr n’est pas un bureau des pleurs, et que les arbitres ont autre chose à faire. Bon, celui qui est au bout de l’oreillette est un arbitre, et visiblement pas le moins contesté, ce qui peut (éventuellement) nuire à l’objectivité du propos.

Je poserais donc volontiers une petite question : si le problème est aussi mineur et anecdotique que cela, comment expliquer que Pierrot ait pu en pondre un billet fort prolifique en commentaires (souvent en défaveur des arbitres),  comment expliquer la multiplication des sections de protestation dans les divers espaces publics de WP ? Sans parler des jolis échanges sur Twitter et IRC, si j’en crois la rumeur (mais ma foi en Wikipédia risquerait de ne pas survivre à un tour là bas). On me répond, toujours dans l’oreillette, que ce sont toujours les mêmes qui râlent. Sauf que non ; à commencer par moi : on peut être outré par ces décisions, même quand on ne partage pas les vues des brimés. Dans le cas du bistro du 26, la discussion part de Celette, dont il me semble qu’elle n’avait jamais été très impliquée dans ces histoires de CAr. Et ainsi de suite. On me rajoute dans l’oreillette que cela ne concerne que deux arbitrages. Sauf que le lendemain de cette subtile réponse, patatras : nouveau scandale dénoncé sur le bistro concernant un troisième arbitrage.

Je n’ai pas grand avis sur le fait que ces sanctions décernées par le CAr soient méritées ou non. Les conflits sont tellement touffus qu’il est difficile de savoir qui mérite quoi. En revanche, quand l’instance principale (pour ne pas dire la seule) de médiation/résolution de conflits est à l’origine d’une grande partie des prises de tête, n’a t-on pas affaire à un sacré problème ? Rappelons également aux arbitres qui se plaignent du fait qu’ils n’ont pas que ça à faire qu’ils ne sont élus que pour six mois, et qu’il sera toujours possible de leur proposer un temps de repos par la suite. Dans tous les cas, il est certain que désormais, je ne pourrai plus conseiller à ceux qui se plaignent (souvent à tort) de la censure des admins ou autres abus, d’aller porter le conflit au CAr pour en finir une bonne fois pour toute : ce serait jeter de l’huile sur le feu. Wikipédia n’a aucune instance de résolution de conflits efficace, et c’est bien dommage pour une telle communauté.

EP c’est tout !

Le débat survient sur le bistro du 31 mai dernier.  Un utilisateur se demande en effet si un EP (disque « extended play », ici de quatre chansons) sorti en février est notable et acceptable sur Wikipédia. Il se trouve que je connais bien le sujet : j’ai passé le mois dernier à créer méthodiquement la douzaine d’EP produits par les Beatles. Je donne donc mon avis : au vu du contenu actuel, limité à la date de sortie et la tracklist, cumulé à la jeunesse du groupe, il me semble impossible de faire un article encyclopédique sur le sujet.

Prenons justement les Beatles : la moindre de leurs chansons (même celles non publiées du temps du groupe !) a été traitée dans plusieurs livres, analysée, décrite, commentée… Chacun de leur disque est critiqué et voit son histoire racontée dans de nombreux livres et sites web. Normal pour un des plus gros vendeurs de disques de l’histoire. Ainsi, un EP comme Extracts from the Album A Hard Day’s Night, pourtant un (relatif) échec commercial peut donner lieu a un article avec refs en nombre, contextualisé et sans TI (là, c’est la partie où e m’envoie des fleurs).

Peut-on faire autant avec un groupe qui n’a pas six ans ? Peut-on envisager les choses avec le même recul ? Peut-on aller plus loin que cette simple traklist ? La réponse semble être non. Et en l’état, donc, Wikipédia se contente de faire de la pub pour un EP qui n’est pas plus notable qu’un autre. J’expose donc mon point de vue. Intervention de créateurs à la pelle, habitués de la pose d’ébauche sur tous sujets sans souci de leur qualité, qui m’expliquent que je suis le méchant élitiste de l’histoire, ôtant la dimension populaire de Wikipédia, puisque pour pousser les gens à contribuer, il faut qu’ils s’amusent, et tant pis si pour cela, ils créent des trucs qui ne sot pas admissibles.

Débat intéressant, doublement. Première question soulevée : doit on s’arranger pour attirer n’importe qui sur Wikipédia, au détriment de la qualité ? Je réponds que non, car Wikipédia n’est pas un jeu en ligne ou une expérience sociale : c’est une encyclopédie. Et rédiger requiert un minimum de connaissance (ne serait-ce qu’orthographique), sans parler d’une méthode de recherche. Donc non, tout le monde ne peut pas contribuer à Wikipédia.

Deuxième question :  le créateur d’une ébauche doit-il s’assurer que son admissibilité est prouvée ? Que cela passe par le biais d’interwikis, de liens, ou d’un minimum de rédaction, par exemple. Ou doit on se contenter d’aller toujours plus vite au million en créant à la va vite des articles promotionnels bourrés d’erreurs ? Je penche pour la première version, ne serait-ce que parce que cela éviterait beaucoup d’autopromo. La preuve ? Depuis la pose du bandeau d’admissibilité, la seule action pour prouver celle-ci a été… d’enlever le bandeau sans argumenter. Et depuis, rien. Combien de pages totalement publicitaires et sans intérêt hantent ainsi Wikipédia ? Question qui m’effraie d’avance.

Et sinon d’autres prennent bien la chose et continuent à créer des ébauches sans sources et parfois à la limite de la caricature en les accompagnant de la mention « pub » en résumé de modif… Chacun son truc. C’est aussi ça le principe de Wikipédia : autant de conceptions de ce qu’est une encyclopédie que de contributeurs !

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