Archives pour la catégorie Les joies de l’encyclopédiste virtuel

CAr time is there again

« Allons enfants du Wiki-ieuh le jour de gloire est arrivé ! » C’est presque ce qu’on pourrait entendre ce matin si Wikipédia n’était pas un média écrit avant tout. Car la Révolution est arrivée. Les putschistes, pour reprendre l’expression consacrée, ont vaincu. Comme en attestent deux chroniqueurs, le Comité d’Arbitrage n’est plus. Il a cessé de vivre. Il a expiré et est retourné vers son créateur. Oh, bien entendu, ami lecteur bien intentionné, tu n’en as rien à foutre du CAr et, à vrai dire, tu ne savais même pas qu’il existait encore. Je vais donc te faire un bref et nécessaire rappel de la situation : on n’en a pas assez parlé. Le CAr, merveilleuse invention qui résout les conflits (ou les envenime, c’est selon le point de vue, les relations des différentes parties avec les arbitres, l’humeur de ceux-ci, et l’alignement de Mars avec Saturne), devait être renouvelé en cette fin du mois de mars. Tout bon CAr qui se respecte a, dans l’idéal, dix membres donc 5 traitent ensemble un arbitrage.Toujours dans la théorie, chaque camp arbitré peut demander le remplacement d’un arbitre qu’il aime pas. On supposera donc qu’il faut, pour fonctionner dans les meilleures conditions, 7 arbitres, et 5 pour fonctionner tout court, puisqu’à moins, il est difficile de réunir cinq arbitres. Jusque là, vous suivez.

Le truc rigolo, c’est qu’à cette élection ne s’étaient présenté que 7 candidats, dont un à la triste réputation (et qui, avec un beau 4,4% de votes positifs, a vraiment fait très fort dans les annales de la profondeur CAresque), et un « bleu » peu rôdé aux choses de Wikipédia, qui n’avait que peu de chances d’être élu. Sur les cinq candidats restants, quatre se proposaient à leur réélection. On le comprend donc, il en allait là de la survie du CAr, puisque parmi les cinq candidats vraiment éligibles, il suffisait qu’un d’eux n’ait pas son quotas pour que soit ici signée la fin du comité pour les six mois à venir. Ce qui devait arriver arriva : Rehtse et gede n’ont pas obtenu les suffrages nécessaires. Le CAr est donc mort pour six mois.

Bien sûr, au milieu des cris de joie de ceux qui dénonçaient ses jugements iniques et abus de pouvoir (ce n’est pas moi qui les contredirai), il y a eu dès cette nuit des sons dissonnants. Udufruduhu, que j’estime par ailleurs, s’inquiète ainsi des offensives trollesques qui naîtront sans le CAr. Je ne peux que lui faire la même réponse que Remih. Le CAr n’était pas là pour empêcher les débordements ; c’était au mieux une rustine qui, pendant quelques temps, empêchait le conflit en mettant une des parties sur la touche. Lorsque celle-ci revenait en jeu, le conflit reprenait de plus belle jusqu’au carton rouge. Et ça, c’est quand le CAr ne devenait pas lui-même motif du conflit. Je pense, sans trop m’avancer, que Wikipédia ne vivra pas plus mal durant ces six mois. Et si c’est le cas, le CAr n’en reviendra que plus fort.

On peut en revanche s’inquiéter de cette « crise des vocations ». Sept candidats en mars, c’est huit de moins qu’en septembre. Une chute dramatique qui se ressent aussi côté votants. Gede, qui, sur ce blog il y a six mois, expliquait que le CAr avait un soutien fort de la communauté et se félicitait de sa réélection, jouée à 1% près, peut difficilement tirer le même constat aujourd’hui. Alors on trouve des excuses. « Les anti-CAr ont magouillé en votant au dernier moment ! » Et ? Rien ne l’interdit. « Si on avait su que le CAr était en danger, plus de gens auraient voté ! » S’ils étaient intéressés par le CAr, ils auraient voté ; à moins que ce « plus de gens » n’ait dû être constitué de faux-nez et autres morts vivants, autre pratique courante dans ce genre d’élection. « On devrait, la prochaine fois, baisser le seuil de 66% à 50%« . Et interdire les votes contre, aussi. Ah, merde, déjà proposé. Il est dommage que, dans la défaite, certains aient du mal à se remettre en question ; mais le manque de remise en question est, il faut dire, ce qui a envoyé à la casse le CAr.

Que ces six mois prouvent donc qu’il est possible de vivre sans cet attirail judiciaire sur Wikipédia, ou du moins qu’il est possible de résoudre les conflits de façon moins trollogène. Tel est mon espoir. Et de toute façon, le CAr, dit-on chaque fois que quelqu’un fait un billet, « tout le monde s’en fout ». Donc sa disparition est-elle si grave ?

Le classique bilan de début d’année

Après quelques temps d’absence à cause des modifications d’unblog qui s’éternisent (et qui, bien entendu, empêchent ceux qui le souhaiteraient de migrer leur blog vers une autre plateforme, je suis de retour pour vous souhaiter à tous une très bonne année.

2012 est donc arrivée. Date plutôt bienvenue par rapport à mes domaines de prédilections, puisque cette année marque les cent ans du naufrage du Titanic, les 50 ans du premier single des Beatles, et les 80 ans du lancement du Normandie. Autant dire que côté commémorations, je vais avoir de quoi m’amuser, et que ma participations aux articles liés va se trouver boostée par le regain de publications sur ces sujets (l’éditeur aime les années commémoratives…). Ceci pour dire que, n’en déplaise à l’anonyme visiteur de Pierrot qui me voyait déjà dehors, je vais encore pas mal squatter Wikipédia cette année sauf contre-ordre.

Concernant le bilan de 2011, je renverrai grosso-modo au billet dudit Pierrot sur le sujet, qui résume à quelques exceptions près ma pensée. Les derniers temps de 2011 ont été un peu tendus, mais il semble y avoir un réel regain de qualité de l’air Wikipédien depuis la toute fin du mois de décembre. Trêve des confiseurs ? Peur des contestations ? Autre raison ? Le fait est que, alors qu’à deux reprises passées, certains n’avaient pas hésité à bondir sur Suprêmemangaka pour des motifs assez ridicules, ce soir, le ridicule de la situation et sa tendance trollesque ont unanimement été reconnus. Un premier pas vers une meilleure harmonie sur Wikipédia, ou en tout cas l’expression d’un ras-le-bol général à l’égard des conflits stériles ? On est, en cette période de bonnes résolutions, en droit de l’espérer, et de voir de la bonne volonté des deux côtés.

L’autre sujet du moment est le classique débat sans fin sur la création d’ébauche à répétitions, épique sur les RA avec troisième mi-temps sur Twitter, pendant qu’on s’interroge sur l’opportunité de l’article de la rue Marcel-Sembat. Dans un sens ou un autre, il serait temps que la communauté se penche définitivement sur la question pour qu’on ait enfin la paix avec ce dialogue de sourds muets qui parlent à coup de tartes… Reste à savoir qui se plongera dans ce panier de crabes à faire passer les PàS pour une cour de récréation.

Au sujet des initiatives à prendre, Dr. Brains a fait part d’une proposition de système particulièrement intéressante (même si je ne la suis pas en totalité), qui mériterait une attention toute particulière. C’est également chez Pierrot que ça se passe, je lui fais décidément beaucoup de pub ; et on en discute actuellement sur le bistro, en attendant plus concret.

Enfin, on notera le départ assez étrange de Popo le chien, qui, après la fin de son blog, a ce matin rendu son tablier pour partir sur Knol. Ça va certainement faire jaser. Je me contenterai de dire que, si je n’ai pas toujours partagé ses positions, doux euphémisme parfois, son blog reste un des plus influents et visités de la sphère Wikipédienne (les statistiques de mon blog en savent quelque chose), et certaines de ses réflexions étaient particulièrement intéressantes (et franchement, Hitler et les élections Wikipédia, c’était une de mes plus grandes tranches de rire). Bonne continuation à lui en dépit des désaccords. Mais comme dit le proverbe, un [admin] de perdu, dix, enfin six de retrouvés. Bon courage à ces futurs admins potentiels, qui renouent avec une tradition électorale qu’on a bien crue disparue…

Pour ma part, je ne compte pas m’arrêter de publier sur ce blog à un rythme anarchique des billets à l’intérêt douteux, et je profite de cette nouvelle année pour vous rappeler que ce blog est avant tout un espace de débat pour ceux qui le souhaitent… tant que cela reste poli !

Obi Wan vs Gandalf ; en direct de Wikipédia

Depuis plus d’un an et demi, j’envisage de m’attaquer à une AdQisation de l’article Star Wars. Et depuis plus d’un an, je promets que je finirai le travail dès que j’aurai les livres pour. Il se trouve que, récemment parti dans ma bibliothèque favorite pour faire le plein de bonne musique, je suis tombé sur plusieurs ouvrages particulièrement utiles pour m’attaquer à ce travail. En cette période suivant la fin de Wikiconcours, le temps est déjà plus présent, et le moment idéal pour ce travail. Fan de la saga depuis longtemps, c’est en effet un des projets qui me tiennent à cœur sur Wikipédia. L’autre univers de SF qui me fascine depuis de nombreuses années, c’est l’univers créé par J. R. R. Tolkien. Pourtant, hors quelques très épisodiques corrections orthographiques, je n’ai jamais touché aux articles sur le sujet. Pourquoi ? Dans le premier cas, tout le terrain était (et reste) en friche depuis des années, tandis que de l’autre, on a affaire à une grosse équipe possédant une bonne bibliographie et de bonnes compétences qui dépassent de loin ce que je pourrais faire. Étude comparative.

Arrêtons nous d’abord sur la devanture

Chacun de ces univers de fiction disposant d’un portail, il peut être intéressant de comparer les deux pages. Du côté de la Terre du Milieu, tout d’abord : les couleurs sont suffisamment neutres pour ne pas agresser le regard, et la présentation assez agréable à l’œil. Un chapeau introduit le portail en présentant J. R. R. Tolkien et l’univers qu’il a créé, par quels biais, et avec quelles inspirations. Pour un si court texte, je trouve personnellement le travail de synthèse remarquable : en quelques phrases, le sujet est parfaitement et clairement défini. Suivent les habituels cadres « Lumière sur… », « Image », « Le saviez-vous ? » et « Articles distingués », classiques des portails, et ici bien mis en valeur. Enfin, la présentation des différents articles est axée autour de deux thèmes : J. R. R. Tolkien, sa vie son œuvre d’une part ; l’univers qu’il a créé, ses lieux et personnages de l’autre. C’est à mon avis un gage d’encyclopédisme : la couleur est annoncée, les articles traiteront des éléments de l’univers au sein de l’œuvre de son auteur, de leur évolution… Bref, il est clairement évident que les auteurs ont compris que Wikipédia avait pour objet d’être une encyclopédie analysant les éléments, et non un site de fans.

Passons du Côté obscur de la Force. Obscur, c’est bien le mot, puisqu’en termes de couleurs, nous avons ici une dominante de noir, avec tout de même des intérieurs de cadres blancs, et des textes en jaune. Ok, le noir et le jaune sont les couleurs du logo de la série et des textes déroulants de début de films. Soit. Mais pour une page web, c’est tout simplement, à mon sens, plus qu’agressif ! Franchement, ça fait mal aux yeux non ? Sur le contenu ? On remarque que les paragraphes introductifs sont au nombre de deux, bien séparés, et très courts : le premier présente l’univers de la saga : écrit au présent, il nous présente les faits comme de l’Histoire, sans qu’on sache où, quand, comment… Un deuxième paragraphe, tout aussi rapide présente les six films, en donnant vaguement une idée de date et leur thème… Sans qu’on ne sache vraiment le situer, d’où ça vient, leur impact… Serais-je trop exigeant ? Comparez avec l’intro chez Tolkien, pour constater que ce n’est pas beaucoup demander. La suite est du même acabit : les cadres « image » et « lumière sur… » sont convenables, mais « le saviez-vous ? » mélange faits réels, fictifs, n’explique pas d’où vient quoi… Moyen. Aucune « table des matières » ici : les informations relèvent plus de la page du projet, en présentant les articles récents et les catégories, ce qui n’est pas particulièrement pratique.

Tolkien ressort donc clairement vainqueur de ce premier duel selon moi. Approchons maintenant du contenu.

Tris et catégories

Un autre moyen d’évaluer la qualité d’un projet est de voir la façon dont son classés ses articles. Du côté Tolkien, là chose est simple et claire : une catégorie « mère » regroupe d’une part l’œuvre, d’autre part son contenu, et enfin les études qui en ont été tirées. À l’intérieur de chacune, les articles sont triés par sous-catégories, et ainsi de suite. La partie sur l’univers sépare les personnages, les lieux… Et à l’intérieur, ceux-ci sont à nouveau triés selon leur race, leur appartenance… Sur ce tri, on reviendra d’ailleurs plus précisément par la suite.

Côté Star Wars, c’est déjà moins glorieux. La catégorie principale est là, certes. Mais son contenu est chaotique : les articles qui luis ont directement reliés sont du tout et n’importe quoi : une phrase culte, une convention auvergnate, une infobox à l’utilité plus que douteuse et un truc dont on sait pas trop se que c’est et qui doit pas savoir comment il est arrivé là côtoient Le Maître Absolu, et plusieurs articles au potentiel encyclopédique clair (mais à l’état déplorable). Quant aux sous catégories : on en trouve déjà une fort utile, d’autres redondantes et mal organisées

Vainqueur ? Tolkien, encore une fois, par KO : il suffit de comparer ceci et cela. Et au fait, les articles dans tout ça ?

Prestige, prestige

Que l’on soit d’accord ou pas avec la façon dont ils sont décernés, qu’on les trouve gadgets artificiels ou utiles, les labels ont tout de même le mérite d’être un bon indicateur de la santé d’un projet. Car quand un projet est capable de se regrouper pour créer des articles bien sourcés, bien rédigés, dans une bonne routine de fonctionnement, comme j’en ai déjà parlé… il marche à priori bien. Voyons donc la production de ces deux portails. Une fois n’est pas coutume, commençons par Star Wars, ça ira plus vite. On en a en effet deux : Harrison Ford et Revan. Le premier a été fait il y a trois ans hors du projet Star Wars ; le second concerne un personnage de jeu vidéo… et vient d’ailleurs plus du projet jeu vidéo que de celui consacré à la saga. Tout cela est donc assez faible, même si les deux articles sont d’un bon niveau. L’article principal pourra, je l’espère, les rejoindre une fois le travail fini.

Ceci étant dit, passons côté Tolkien. 33 articles sont passés par la case vote, dont l’article consacré au Seigneur des Anneaux, mais aussi les trois films, des personnages principaux, des (très) secondaires, des textes, et même les langues parlées par les personnages. Avec une telle diversité de sujets traités, l’équipe qui sévit dans la région prouve clairement qu’elle peut transformer à peu près tous les articles de son projet en chef d’œuvre.

Wikipédia ou Wookiepédia

Le projet Tolkien a un autre avantage : privilégier les listes aux articles lorsqu’il y a peu à dire sur un personnage. Chaque race a sa liste (par exemple les orques), et, de fait, seuls les personnages sur lesquels il y a à dire ont leur article. C’est du moins l’impression qui ressort du portail et de ma balade dans les catégories ; peut-être les membres du projet qui me liront contrediront cette impression.

Côté Star Wars, par contre, WP:fr n’a pas franchi le pas de WP:en ; à savoir passer tous les personnages anecdotiques dans une liste, avec lien vers des « encyclopédies Star Wars » de type Wookiepedia, bien plus adaptées. N’allez quand même pas me dire que la littérature est assez abondante pour faire une analyse convenable et non TIesque du personnage de Zorba le Hutt, Azrakel ou R5-D4. À cela s’ajoute que bien souvent, l’orthographe de ces articles est, au mieux, médiocre, la syntaxe particulière, et les sources de toute façon inexistantes… Ce qui ne signifie pas qu’il faut tout virer, loin de là : Revan, cité plus haut, en est la preuve. Mais un bon nettoyage à base de fusions s’imposerait.

Pourquoi cette différence ?

On peut fortement spéculer. Star Wars est-il moins noble que le Seigneur des anneaux ? Je ne le pense pas ; les films et les dessins-animés/jeux vidéos attirent peut-être plus de jeunes contributeurs qu’une saga littéraire… Mais le Seigneur des anneaux a aussi été adapté au cinéma ! La bibliographie « externe » à l’œuvre est en revanche certainement moins répandue concernant la saga de George Lucas, mais il est clairement possible de faire de très beaux articles sur les sujets les plus généraux de son œuvre, et même beaucoup de points particuliers. Alors pourquoi ?

Certainement aussi parce que, côté Tolkien, pour une raison X ou Y, plusieurs très bons contributeurs se sont rencontrés et ont appris à bosser ensemble, de la même façon que, par exemple, les Rolling Stones n’ont pas eu la chance des Beatles concernant leurs articles.

Alors qu’attendons nous ? Fans de cette galaxie lointaine, très lointaine, venez donc avec moi m’aider à remettre ce projet en route, et, pourquoi pas, à concurrencer les Tolkienniens ! En attendant, chapeau bas à eux, et je leur souhaite de continuer longtemps leur excellent travail.

And Now for Something Completely Different

Eh oui, pour changer des trollesques billets sur les guéguerres intestines dans les entrailles de Wikipédia (non pas que le sujet soit épuisé, malheureusement), un article totalement bisounours – positif sur un aspect que j’aime et qui me donne envie de contribuer. Abordons donc le Wikiconcours ; mais pas de la façon classique pour (« ça fait de beaux articles ») vs. contre (« WP est pas un jeu »). Je vais plutôt, en partant de mon expérience personnelle, détailler comment le WCC peut conduire à une meilleure intégration de nouveaux Wikipédiens au sein d’un groupe de contributeurs.

Ce groupe ne sera pas la Communauté avec un grand C, que tout nouveau ayant un tant soit peu envie de contribuer se devrait d’éviter comme la peste. Il s’agit plutôt d’un groupe réduit de contributeurs avec qui il sera de toute façon amené à intéragir, et ce sur un sujet qui les réunit. Détaillons donc ce processus, que j’ai vécu tant comme intégré que comme intégrateur.

Le Wikiconcours comme moyen d’intégrer un groupe existant

Il arrive qu’un jour, on soit amené à tomber sur des articles « gardés » par un projet. « Gardé » n’aura pas ici un sens négatif, au contraire. Il décrit plutôt cette pratique, fort courante sur WP, et totalement bénéfique, qui consiste à se mettre à plusieurs sur un groupe d’articles pour essayer d’en tirer un tout de qualité, et uniforme. Car, mais j’y reviendrai dans un autre billet, WP ne pourra jamais être améliorée de façon globale. Elle est trop vaste et regroupe trop de visions différentes de ce qu’elle doit être. Ce n’est qu’à petite échelle que le travail peut se faire. Or donc, ce groupe, qui a réuni des sources, établi un plan de travail, et déjà abattu une part de celui-ci, voit apparaître sur son terrain un nouveau. Nouveau plein de bonne volonté (bien sûr, puisque c’était moi !) mais aussi moins habile, car nouveau, moins connaisseur du sujet, et surtout, sans beaucoup de sources.

C’est à peu près ce qui m’est arrivé lorsque je suis allé voir sur le projet Beatles si j’y étais. Bien entendu, pour quelqu’un qui, comme moi, a un égo surdimensionné (c’est sûrement vrai, quelqu’un l’a dit en commentaire du présent blog et j’approuve totalement), voir ses modifs corrigées par « ceux qui étaient là avant » peut mal passer. Mais, comme je l’ai toujours dit, on ne fait pas long feu sur WP si on ne laisse pas son égo au vestiaire.

Arriva le temps du WCC de mars 2010. Humblement, je me tenais à l’écart, me sentant superflus. Mais le désistement de dernière minute d’un des plus importants membres de l’équipe conduisit à mon intégration rapide comme force d’appoint. Quelques relectures plus tard, j’étais intégré à l’équipe, et, malgré le désastre de ce WCC, nous repartîmes la fleur au fusil pour le suivant. Et c’est là que les choses deviennent intéressantes. Puisque ces deux mois ont été prétexte à rassembler des sources, établir une méthodologie commune… Bref, me mettre au niveau du reste de l’équipe, chose qui, outre son utilité pour les cinq articles choisis pour ledit WCC (articles assez importants pour le projet et qui ont pas une trop mauvaise tête à sa sortie), m’ouvrait les portes pour contribuer proprement sur tout le reste du projet. De même, le WCC désébauchage de mars dernier a permis de mettre en place une routine de désébauchage propre et rigoureux, qui nous a globalement permis de faire, quand on le veut, une ébauche par jour et par personne. En tout, une bonne 30ne d’ébauches en 15 jours. Pas grand chose, certes, mais c’est sans compter la machine lancée, qui s’est poursuivie après le concours.

On le voit donc, le WCC a aussi un intérêt en cela qu’il permet de fédérer des contributeurs qui ont des affinités, de partager sources et connaissances, et d’établir une méthode de travail durable. Et du point de vue du contributeur intégré, c’est un plus énorme, surtout quand cela se fait de façon amicale. Or, un concours, sous forme de « jeu », est un très bon moyen de rendre les choses amicales. Et si WP n’est pas un réseau social, on est tout de même toujours plus efficace dans une bonne ambiance.
Du point de vue de l’intégrateur

Internet est une chose merveilleuse en cela qu’elle permet de réunir facilement des gens qui ne se seraient jamais connus autrement, autour d’une passion commune. Les forums fleurissent sur à peu près tous les thèmes, ce qui permet à chacun de trouver des gens avec qui partager ce qu’il aime. Mais pour le Wikipédien, c’est encore plus bénéfique : c’est tout simplement une véritable aire de recrutement. Au bout de quelques temps, en effet, les amitiés formées aidant, il est possible de faire venir des gens vers Wikipédia, sur un sujet que l’on partage ; ce qui a un avantage double : un contributeur de plus, mais surtout, un contributeur que l’on va pouvoir former dans un espace que l’on connaît, et qu’il apprécie.

En l’occurrence, ce fut pour moi le Titanic. La syntaxe de Wikipédia  est notoirement incompréhensible pour tout nouveau non-informaticien. C’est du moins ce que disent ceux qui luttent avec acharnement contre tout nouveau modèle/balise html etc. Ce raisonnement ne tient cependant pas la route à mon sens, dans la mesure où Wikipédia s’apprend par mimétisme. Quand on commence, on balance un texte brut, qu’un contributeur aguerri viendra mettre en forme etc. (c’est du moins le cas si le contributeur aguerri ne supprime pas tout arbitrairement). Les pages d’aide ne sont pas d’une grande aide, car à mon avis plus complexes qu’autre chose. En revanche, apprendre la syntaxe wiki en live (ou même via messagerie instantanée) à quelqu’un qui n’y connait rien en informatique, et peut se faire relativement rapidement, pour la plupart des gens. En l’occurrence, il ne m’a fallu que deux soirées pour apprendre à une débutante les rudiments de la chose, et passer de l’étape « j’ai peur de tout ce code bizarre » à « je rédige un article en mettant même les modèles d’accessibilité sur les langues ». Etonnant, non ?

On le voit donc, le Wikiconcours peut-être ici aussi un moyen d’attirer des gens autour de ce thème, pour leur apprendre. Car commencer en galérant seul jusqu’à trouver de l’aide par chance est une chose  ; commencer encadré par quelqu’un qui partage une passion commune en est une autre, à mon avis plus productive pour WP. Ce n’est donc pas tant le résultat du concours lui même qui compte : une 30ne d’AdQ potentiels au 15 novembre, ce sera toujours ça, mais ça ne fera pas avancer Wikipédia. En revanche, combien de contributeurs auront, par ce biais, trouvé des gens pour les aider ? Combien d’équipes auront mis en place des méthodes de travail ? Voilà pourquoi ce genre d’initiative est, à mon avis, totalement bénéfique pour WP : il est à mon avis indéniable qu’aux yeux d’un nouveau, c’est un aspect plus sexy que le CAr ou les empoignades sur le BA.

Wikipédia et l’actualité : cas pratique

Lorsque j’avais commencé à travailler sur les Beatles, avec pour objectif secret de faire des AdQ de chacun des quatre membres du groupe, j’avais établi le plan de route suivant : commencer par les morts puis passer aux vivants. En effet, en suivant une certaine logique, je m’étais dit que les premiers seraient moins mouvants que les seconds. Cette idée ne s’est révélée qu’en partie vraie : travailler l’article de John Lennon en 2010, pour son 70ème anniversaire et pour le 30e anniversaire de sa mort, c’était devoir prendre en compte la nouvelle vague d’engouement et la réédition de tout son catalogue. De même côté Harrison, avec la sortie prochaine du documentaire de Martin Scorsese.

Pourtant, de façon générale, ma théorie était bonne (mais cela semblait assez évident) : penchons nous sur le cas de Paul McCartney auquel j’ai commencé, progressivement à m’attaquer avec le reste du projet Beatles. Avant le début du travail, l’article affichait une claire disproportion : la partie concernant les années 2003 à 2010 représentait à peu près le tiers de la biographie… d’un homme de près de 70 ans dont ce sont là parmi les années les moins prolifiques. Si l’on étudie de plus près cette partie, « regain de popularité », on se rend compte qu’elle détaille un grand nombre d’apparitions de l’artiste durant cette période, avec un pic de détail à partir de 2007 : l’explication semble simple : à partir du moment ou Wikipédia a été médiatisée, des gens sont venus « mettre à jour » l’article au fur et à mesure ; créant ainsi un magma informe.

Or, là, tous les défenseurs de la qualité s’opposant à l’inclusion de faits d’actualité vont crier victoire en expliquant que la même chose se produit également sur les projets politique etc., et ne peut se résoudre qu’en coupant court à ces mises à jour puisque pas de recul ; etc. etc. J’aurais tendance à faire le constat inverse. Si l’on étudie l’historique de l’article, on remarque que cette partie informe n’a été « dissoute » que lorsque j’ai commencé ces derniers jours à reprendre l’intégralité de la biographie, avec sources et recul. La partie a ainsi perdu quelques 6000 octets pour être totalement synthétisée. Mais ce travail n’avait pas été fait avant, si ce n’est l’ajout (assez tardif) d’un bandeau « a recycler« . Pas de retrait des propos ajoutés (sauf vandalisme) ou autres coupes tant que le travail n’est pas venu s’appliquer à cette partie précisément.

Et c’est là la clé à mon avis : pas de conflits d’édit avec des nouveaux ne comprenant pas pourquoi leur info a giclé (oui, même sur les sujets anodins, c’est régulier), pas de gros débat sur la page de discussion… Mais surtout le travail a été fait en gros, sur tout l’article, pour produire une somme avec du recul une fois le tour de cet article venu. Le projet Beatles, dont c’est pourtant un article phare, n’a pas pâti de cela : il améliorait d’autres articles en attendant. De même, pourquoi ne pas se contenter d’attendre sur les articles d’actualité ? Si le résultat doit être forcément un champ de ruines, il suffit de les laisser s’accumuler en éliminant le vandalisme flagrant, et par la suite de refondre le tout quand les débats sont tassés. Une fois ce recul pris, en revanche, il est préférable de surveiller l’article et de supprimer l’anecdotique. Mais c’est inutile de le faire en amont, tant cela ressemble à vouloir coller du papier peint sur un mur tombé en miettes.

L’exemple peut s’appliquer partout. A mon avis, les défenseurs de la qualité et du recul sur ces projets seraient plus productifs s’ils utilisaient leurs forces sur de articles déjà bien tassés et pouvant être traités recul. Les articles, au pif, de Pompidou ou VGE gagneraient à être sourcés et améliorés (leur sourçage, notamment est à pleurer) en attendant que les mandats de Sarkozy, Chirac, et peut-être même Mitterrand puissent être étudiés avec plus de recul. Et des articles poussés et neutres sur ces présidents feraient plus de bien à la réputation de Wikipédia que les dénonciations de « censure » (fondées ou non) qui touchent les projets politiques.

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